L'éveil... et ensuite ???

Mercredi 10 octobre 2007 3 10 /10 /2007 17:10
C’est sur la base de la prise de conscience de notre bonté fondamentale que s’établit le “non agir”…
Tant qu’il y a une peur quelconque ou un idéal en nous qui recouvre totalement notre conscience, c’est sur la base de ceux-ci que nos actions son accomplies.  
La bonté fondamentale signifie que la sagesse est inhérente à notre Etre intime (à ce que nous sommes réellement, profondément…) Cela signifie qu’une fois celle-ci révélée en nous, il n’y a rien de particulier que nous devions accomplir ; l’action juste se met en mouvement d’une façon spontanée…
À ce stade d’ouverture, il y a une sorte de “décrochage” de l’intellect, celui-ci lâche les rênes de la conduite de la vie ; à ce niveau, toute action que l’on voudrait accomplir est comme un rajout sur la bonté fondamentale ; celle-ci étant déjà parfaite par nature, toute action qui lui est en quelque sorte surimposée crée une imperfection (dans cette clarté intérieure, toute intention d’action amène le retour d’un ego)
D’où le “non agir” dont nous parlent de nombreuses traditions… mais qui ne signifie pas que l’on doive ne rien faire, il s’adresse à un certain niveau d’ouverture intérieure, pour passer d’un certain stade d’ouverture à un autre stade.
Il y a un dynamisme (vers l’action) qui nous est inhérent, le non agir signifie : « ne pas intervenir sur ce dynamisme pour le restreindre ou l’augmenter ; en d’autres termes, le laisser s’exprimer car nous sommes “Lui”. Nous sommes la force de vie… et nous n’avons jamais été autre chose…
Dans cette ouverture intérieure, c’est surtout vers l’intérieur de soi que notre attention est portée, l’action juste est celle qui ne crée aucun inconfort en soi. Dès qu’il y a inconfort, c’est que nous avons créé une rupture avec notre réalité fondamentale (qui est la paix). La rupture avec cette paix intérieure se traduit en nous comme un sensation d’inconfort, comme une sorte de violence en soi. C’est la raison pour laquelle, si, dans cette conscience nue, on regarde le monde en se disant, il y a telle chose ou telle autre qui doit être accomplie, on se crée un impératif, on se projette dans un “devenir” et ainsi, on crée la rupture en soi.
 
 
Dans le Christianisme :

On retrouve le "non agir" dans cette simple phrase où le Christ dit en s’adressant à Dieu :
« Qu’il en soit selon Ta Volonté ! »
Il y a ici un lâcher prise de l’intellect…
 
Dans le bouddhisme :

Le mahasiddha connu sous le nom de Tilopa nous dit :
« Quand tu médites, ne médites pas ! »
Cela signifie vraisemblablement que l’intention de méditer, de faire quelque chose, nous fait sortir de l’état naturel (de la bonté fondamentale) et amène ainsi la surimposition d’une conscience individuelle (et que cela voile la source en nous sur laquelle rien n’a besoin d’être rajouté)
Dans le même ordre d’idée, Tilopa nous dit : « Il convient d’éviter la méditation ! »
Dans le sutra du diamant, le Bouddha nous dit : « Si un boddhisattva se dit : je vais aller ici ou là-bas afin de créer un champ de cohérence, c’est qu’il n’est pas encore un authentique boddhisattva, c’est qu’il est encore enfermé par l’idée d’une conscience individuelle et d’une durée d’existence »
Cela signifie que s’il a une intention, c’est qu’il n’est pas dans le non agir et que son éveil n’est pas total.
Je me souviens d’un enseignement Zen (je ne me souviens plus de quel texte il s’agit) qui dit ceci : « Lorsque la flèche arrête la lance en plein vol, il ne saurait être question d’adresse ! »
Ce qui signifie que pour que cela puisse se produire, il est indispensable que celui qui tire la flèche soit établi dans le “non agir”. C'est-à-dire qu’il ne soit plus obnubilé par le monde extérieur en se disant : « C’est maintenant que je dois tirer parce que la lance est à tel hauteur dans le ciel… »
Mais plutôt, rester sur la base de cette intention d’atteindre la lance, et laisser “faire” en lui…  
 
Dans le Taoïme :

Lao tseu nous en parle aussi dans le Tao Te King.
 
Dans l’hindouisme :

Dans La Bhagavad Gîta, Khrisna est le conducteur du char d’Arjuna.
Vraisemblablement, l’ensemble (char tiré par les chevaux, Khrisna, Arjuna) représente l’homme… Khrisna conduit le char, je crois que chacun comprend ce que je veux dire…
 
 
 
 
Par Jean-Yves - Publié dans : L'éveil... et ensuite ??? - Communauté : SPIRITUALITE - SAGESSE
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Mercredi 10 octobre 2007 3 10 /10 /2007 17:24

 

Sentiment de manque ou réelle souffrance, quelque soit la cause qui nous a motivé pour entreprendre la démarche spirituelle, elle est sans aucun doute une grande chance….La conscience qui se retrouve nue est « l’aboutissement » de la quête.

Même si ce cheminement vers l’ouverture apparaît dans un premier temps fondé sur l’acquisition d’un  savoir, c’est pourtant l’absence d’adhésion à un dogme quelconque qui semble en marquer l’aboutissement. Lorsque la conscience fondamentalement libre se reconnaît comme étant toute chose, il ne reste plus personne de pesant pour défendre un point de vue. Ce qui ne veut évidement pas dire que l’on ne doit pas affirmer une chose ou une autre, mais à ce moment là l’affirmation n’est plus la défense d’un territoire mais une action.

Dernier rempart de cette démarche, l’ego spirituel ; lorsque l’on a passé des années dans cette quête à étudier les enseignements on se sent riche de cet acquis de connaissance, ce sentiment est un voile sur la conscience ; le poids en moi de la compensation apportée par cet acquis est proportionnel à ma souffrance. Il me sert à l’éluder mais en même temps il me cache à moi-même. Cette fierté, cet orgueil, qui résulte de cette accumulation de savoir me sert à voiler la souffrance qui m’était coutumière avant le début de ma quête spirituelle. De nombreux Maîtres (ils ont toute ma gratitude) de différentes écoles enseignent comment dépasser ce « problème » par l’acceptation du sentiment de la souffrance qui est là, mais aussi par l’acceptation de l’ego.  

Cette avancée-là qui me demande de voir ce qui est prétentieux en moi est un pas qui me coûte cher, car elle semble à elle seule détruire des années d’études spirituelles. Elle semble seulement, c’est l’ego qui est touché, il croyait qu’il allait devenir quelqu’un d’important suite à la réalisation spirituelle, un guide ou un maître…Tout ce qui lui est donné de percevoir, c’est qu’il est illusoire en tant qu’entité, qu’il n’est rien d’autre que la conscience elle-même et que tous ceux qui l’entourent sont la même chose que lui…

 

 

Lorsque je me cache à moi-même les choses qui me sont intimes (peurs, souffrances, angoisses…) elles gardent leurs puissances. En réalité, elles sont comme des fantômes, elles disparaissent si on les voit et les accepte. J’ai envie de dire qu’il n’y a rien de honteux dans ce que l’on peut avoir de tel en soi, qu’il n’y a rien qui nous soit vraiment personnel, que tout cela est en partage avec le reste de l’humanité ; il n’y a pas de séparation. L’ego maintient son emprise avec son idée, ma souffrance, ma timidité, ma peur…etc. Et il verrouille tout cela en disant que ça ne peut pas changer.

À ce stade là s’établit une possibilité de choix, préférons-nous ce sentiment d’autosatisfaction ou l’ouverture ?

Ce sentiment là nous enferme…. 

L’ouverture consiste uniquement en la reconnaissance de cette autosatisfaction, lorsque celle-ci est vue et acceptée elle perd de son emprise et de sa force, progressivement elle disparaît. Mais peut être préférons-nous rester dans l’illusion « d’être quelqu’un » c’est un choix… Le voir et l’accepter…

Grand, petit, inférieur, supérieur, tout est question de point de vue, d'appréciation... 

Par Jean-Yves - Publié dans : L'éveil... et ensuite ???
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Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /2007 17:19

 Ici aussi, je ne donne que ma vision et ce que j’exprime ne constitue pas, bien sûr, une vérité absolue.   

« Être au service de Dieu »

 

Cette notion que l’on rencontre couramment dans les religions (probablement le plus souvent en tant que concept et non comme une réalité vécue) se retrouve chez ceux qui connaissent leur réalité la plus intime (éveillés). Elle ne signifie aucunement qu’ils s’imposent une contrainte mais tout simplement qu’ils répondent spontanément à leur aspiration à ce bonheur qu’ils trouvent dans “le contact” avec leur Être intérieur, bonheur plus profond que tout autre.
C'est-à-dire que ce type d’action permet à ces éveillés de poursuivre leur épanouissement “intérieur”.

En ce sens, cette tendance naturelle au bonheur sert de guide, de jalon, et leur permet d’accomplir spontanément les actions correctes, c'est-à-dire “au service…” où, comme cette formulation l’indique, aucun but personnel n’est recherché, et cela même si les apparences semblent montrer le contraire. La seule chose qui importe alors est de rester à ce "niveau de bonheur", seule façon de demeurer “unis” à la source en soi.

(Ce qui n’implique pas nécessairement que la projection sur l’avenir n’existe plus, mais plutôt qu’elle ne s’impose pas en tant que priorité)

Il suit un ressenti, il n’y a rien de compliqué en cela ; c’est un peu comme s’il était dans le confort d’une baignoire d’eau chaude. Dès qu’il sort de l’eau, il ressent un inconfort qui lui montre qu’il n’est plus dans l’eau. C’est ce type d’inconfort qui lui indique qu’il s’écarte de la source (en lui), et ainsi lui permet d’y revenir.

Lorsque Lao Tseu nous dit : « Préserve ta sérénité parfaitement ! », c’est comme s’il disait : « Ne sors pas la baignoire ! »

Il poursuit en disant : « Á partir de là, tout peut survenir au même instant ! »

C'est-à-dire qu’à partir de cette "posture" intérieure, tout devient réalisable.

On retrouve aussi cela dans : « Ne pas aller au-delà de l’ainsité ! » issue d’un texte bouddhiste. 

Pour résumer :

Pour les éveillés, ce “ressenti” de bonheur détermine la justesse de l’action.

C'est-à-dire que cette joie — qu’ils peuvent ressentir dans l’accomplissement de ces actions “au service”— est plus intense et plus profonde, que toute autre satisfaction. C’est ainsi qu’ils reconnaissent que l’action est juste.

Il est intéressant de noter que l’on retrouve ces approches dans la Bhagavad Gîta :

« Même les êtres illuminés suivent leur propre nature. Que pourrait apporter la contrainte ? »

« Celui qui trouve son bonheur dans le Soi et uniquement dans le Soi…etc. »

Ou encore…


« Heureux sont les Ksatriyas (terme qui signifie “guerrier”, mais ce mot peut s’appliquer à tous ceux qui suivent ce chemin intérieur, chemin qui demande bien sûr du courage, comme celui d’un guerrier) qui dans un tel combat (action qui va dans le sens de la vie et qui est impulsée par notre conscience la plus profonde) trouvent une porte ouverte sur les cieux ! » 

L’éveil, n’étant sans doute que le premier pas de la réalisation spirituelle.

Il est intéressant de noter que tout au long de la « voie », nous sommes toujours portés par cette aspiration au bonheur, même si celui-ci prend des formes que l’on pourrait appeler « satisfaction » ou « diminution du niveau de peur », c’est toujours la lumière qui est recherchée. En ce sens, il n’y a pas de rupture ressentie lorsque l’on intègre un autre stade (plus ouvert, plus avancé), c’est toujours l’aspiration au bonheur qui domine.

Bien évidemment, ce texte rejoint le paragraphe "bonté fondamentale et non agir"(cliquer ICI) car dans ce cas-là, il n’y a pas nécessité d’anticipation de l’action, mais uniquement de "rester dans la baignoire"  

Par Jean-Yves - Publié dans : L'éveil... et ensuite ???
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Jeudi 22 novembre 2007 4 22 /11 /2007 10:53
De mon point de vue, la voie spirituelle commence bien avant l'éveil mais se poursuit bien au-delà... D'où la crétion de cette catégorie "L'éveil... et après???"

Sans doute, l’éveil amène la dissolution de cette idée de continuité et de progression dans la révélation de “Ce qui est”, mais le fait est que ceux qui le connaissent et le vivent ont souvent derrière eux un long parcours de yoga, relaxation, prière, recherche intérieure… etc.
Cette conscience d’éveil nous montre l’irréalité du chemin que nous avons parcouru (ou avons cru parcourir) et que les pratiques de yoga ou autre n’accroissent en rien cette paix qui maintenant est révélée en soi ; mais on peut tout de même se demander si cette révélation serait venue à nous si nous n’avions jamais cherché et jamais rien pratiqué ; ne serait-ce que pour ne pas dissuader ceux qui le souhaitent de prendre le chemin d’ouverture et de progression intérieure.
Du point de vue de l’ego qui souffre de sa prison (illusoire sans doute mais perçue comme bien réelle), le chemin existe.
Tout ce passe comme si la vision que l’on a de la réalité différait en fonction de notre conscience ; en ce sens je crois qu’on ne devrait pas accorder trop d’importance à nos propres considérations.
La question intéressante est sans doute : « Où se trouve ce chemin (qui permet de se retrouver soi-même) ? ou en d’autres termes : que convient-il de faire ? Comment le suivre ???...etc.
Aucune action ou pratique ne peut nous donner accès à « cet état » ! C’est certain ! et ainsi que peut le confirmer la Bhagavad Gita :
« Aucune action ne peut nous valoir ce qui n’a pas été créé ! »
Mais en même temps l’enseignement qu’elle dispense (de même que bien d’autres enseignements) se veut une voie qui y nous prépare.
Par Jean-Yves - Publié dans : L'éveil... et ensuite ???
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Lundi 26 novembre 2007 1 26 /11 /2007 11:31

 

Cet écrit rentre dans la catégorie : "L'éveil... et après???"

Lorsque l'on "touche" à l'éveil, il est une évidence qui surgit en soi : cette "conscience d'éveil" ne peut pas être remise en question. Evidemment il n’y a pas doute à ce sujet !
Toutefois, ce qui peut dévier c'est la conscience qui accompagne cet éveil.
(Et c'est peut-être en cela que se trouve la difficulté, cette conscience d'éveil apparaît, si totale, si pleine que le "chemin" semble achevé...)
Sur ce plan de "cette conscience qui accompagne l’éveil", tout peut être remis en question et toujours. En fait, on gèle facilement la rivière, on fixe facilement des concepts. On peut utiliser l'enseignement pour refuser l'ouverture.
Tout ce que l'on peut "gagner" avec nos "actions" ne vaut pas une ouverture plus large en soi.
 
Cette "conscience qui accompagne l’éveil" s’identifie à cette "perfection révélée" et en ce sens peut se considérer "parfaite", donc à la fin du chemin et ainsi se figer dans une position de fermeture.  
 
Ce qu'il faut faire? Rien de particulier! Reconnaître (surtout dans son fors intérieur) ce qu'il en est réellement ; être honnête avec soi-même même si l'on se trompe et si l'on s'est trompé. Reconnaître (en soi) que l'on n'est pas infaillible et que malgré cette conscience d'éveil l'erreur est possible.
Mais cette reconnaissance est surtout importante pour soi (en soi), pas pour les autres.
 
Par Jean-Yves - Publié dans : L'éveil... et ensuite ??? - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Mardi 27 novembre 2007 2 27 /11 /2007 11:46
Catégorie : "L'éveil... et après???

La conviction intérieure que nous avons sur l’authenticité de notre réalisation intérieure est-elle un critère ???
Je ne le crois pas car nous pouvons voir des gens mettre fin à leurs jours par simple conviction religieuse. Dieu soutient-il de tels actes ??? Je veux dire : Est-ce que ces agissements-là sont la manifestation du flot de l’intelligence la plus profonde ???
Je ne le crois pas non plus !
La possibilité d’endoctrinement qui mène à des convictions "inébranlables" est apparemment bien réelle.
Alors il se pose la question suivante :
Qu’est-ce qui permet à quelqu’un de savoir s’il est "éveillé" ou bien enfermé dans un endoctrinement ???
Les réponses qui pourraient survenir pourraient peut-être aider à revenir à l’authenticité.

Un "éveil conceptuel" apparaît comme une vision figée de la réalité qui se moule dans l’expression des anciens maîtres. Il n’a, en fait, pas grand-chose à voir avec l’éveil et permet sans doute de satisfaire notre besoin de réussite. 
Ainsi, on peut aussi se donner de croire que nous avons réussi en "spiritualité".

Quels sont donc ces critères ??? Je donne ma perception à ce niveau :
— Un éveil authentique n’est pas quelque chose de "figé".
— Lorsque l’on se trouve sur la voie, le bonheur, la santé, la force vont vers un accroissement. Même lorsque l’on connaît des difficultés, elles apparaissent alors comme le moyen qui nous est donné pour grandir. Ce qui fait que d’une année à l’autre nous ne sommes plus le même.

Il est raisonnable de penser que le critère absolu se trouve dans l’intériorité de chacun, toutefois certains signes peuvent révéler nos failles :
Par exemple : "Ai-je besoin d’être reconnu comme "éveillé" par ceux qui m’entourent ??? En toute honnêteté… car bien sûr, la question est intéressante à se poser en soi, face à soi-même.

Mais peut-être ne sont-elles pas séparées d'une façon aussi distincte; il peut sans doute y avoir aussi une part d’éveil authentique et part conceptuelle chez la même personne…

A noter : Ce sujet a été débattu sur le forum suivant, voir lien : ICI

Par Jean-Yves - Publié dans : L'éveil... et ensuite ??? - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Vendredi 30 novembre 2007 5 30 /11 /2007 14:04
Pour introduire le sujet, je vous raconte une expérience que j’ai vécue il y a quelques temps.
« J’ai connu une peur passagère mais assez intense qui avait cela de particulier : la situation extérieure ne la justifiait absolument pas. D’habitude, je ne connaissais pas la peur dans les contextes similaires et c’est cela qui m’a interpellé, qui m’a montré que quelque chose clochait. J’ai alors réalisé que c’est du vide que j’avais peur, peur qu’il n’y ait plus rien qui s’agite en moi. 
Á cet instant-là, quand j’ai perçu le jeu (le mécanisme), la paix est revenue en moi, un peu comme le calme qui succède à la tempête. »
Je sais maintenant que vivre ce « rien » ce « vide », accepter « qu’il n’y ait rien », c’est vivre la paix en soi. Une paix qui s’impose d’elle-même…
Quand le mental ne sait plus de quoi se saisir pour se cacher à lui-même sa peur du vide, il prend ce qu’il trouve.
                               
Ainsi Totem (voir son site : http://www.eternelpresent.ch/) nous dit :
 
« Lorsqu'on accueille le vide en soi, l'éveil survient. Oubliez tout ce que vous avez lu jusqu'à présent sur l'éveil de la conscience et sentez ce que vous êtes. Autorisez-vous à être vide afin d'accueillir ce qui Est. Il n'y a rien à atteindre ou à développer.
Ce que vous cherchez est déjà présent en vous. C'est dans la cessation du "faire" que "l'être" se révèle. Il n'y a rien à faire pour Être. »
 
Toute activité peut devenir une fuite de ce que l’on est, une fuite de ce que l’on ressent, et même la méditation sans doute. Ainsi, Tilopa (maître bouddhiste) nous disait : « Quand tu médites, ne médites pas ! »
Car l’idée même de méditer peut constituer une fuite de ce que l’on ressent, de ce qui est présent en soi. Il disait aussi (Tilopa) dans le même ordre d’idée :
« La méditation doit être évitée… » ou encore : « Quand la voie de la méditation ne sera plus, par la "non méditation" tu atteindras la suprême Boddhi (éveil). »
 
On peut très bien être aussi enfermé par l’enseignement spirituel lui-même. Ainsi que l’évoque Shankara :
 
« On se sert de la connaissance comme on utiliserait une épine pour retirer une autre épine (l’ignorance) qui aurait pénétré notre chair. Mais une fois celle-ci enlevée, on jette les deux épines. »
 
Il arrive un moment où le dépassement de l’enseignement va de soi.
C’est sans doute l’authenticité dans la reconnaissance en soi de cet attachement qui en permet le dépassement. La reconnaissance : « Oui, je suis enfermé, oui je suis attaché à l’enseignement et je ne sais pas comment m’en libérer. »
Cette reconnaissance qui s’établit dans l’intimité profonde, au fond de soi, libère. Cette simple reconnaissance met une distance entre ce qui nous enferme et ce que nous sommes.
 
On retrouve dans l’enseignement de Lao Tseu, 
Source : "Tao Te King" de Lao Tseu (Traduction de Richard WILHELM et de Etienne PERROT) aux éd. Librairie de Médicis. 
un passage qui évoque cette position d’humilité face à la réalité mais qui exprime aussi l’acceptation du vide :
 
« Je suis comme un nouveau né qui ne sait pas encore sourire, inquiet, errant comme un sans logis.
Tous les hommes ont du superflu ; moi seul, je parais oublié.
Mon cœur est d’un insensé, confus et sombre.
Les gens sont clairvoyants, hélas ! si clairvoyants ;
Moi seul je parais obtus.
Les gens sont avisés, hélas ! si avisés ; moi seul semble replié sur moi, agité hélas ! comme la mer, je tourbillonne, hélas ! sans cesse.
Tous les hommes ont leurs desseins, moi seul je suis oisif comme un mendiant.
Moi seul je diffère des autres hommes : mais je tiens pour honorable de chercher la nourriture auprès de la Mère. »   
Par Jean-Yves - Publié dans : L'éveil... et ensuite ??? - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Mercredi 22 octobre 2008 3 22 /10 /2008 18:22
Bonjour

Un texte que j'ai écrit récemment ; il aborde plusieurs points différents mais qui sont, je le crois, complémentaires

Introduction

Lorsque l’on voit les souffrances dans lesquelles sont plongées l’ensemble de l’humanité, le développement qui suit peut sembler bien théorique et totalement inadéquat pour contribuer à l’apport d’un remède aux besoins de notre temps ; il peut ainsi apparaître comme un nombrilisme sans véritable intérêt si ce n’est celui de se triturer le cerveau. Cependant la prise de conscience des différents mécanismes au fond de soi qui régissent nos actions peut, je n’en doute pas, amener de profonds changements en soi et en conséquence dans le monde.

Au préalable

Une profondeur en soi. Si le tourment que l’on vit est trop intense, il se peut qu’aucune part de ce qui apparaît comme étant les qualités du « Soi » (quiétude dans le cœur, sentiment d’infinité ou de liberté, amour…) n’apparaisse au niveau conscient. Il est alors souhaitable de susciter l’ouverture en soi (Par une attitude ouverte et sincère, peut-être la pratique de technique de relaxation, la remise en question de nos certitudes et d’une façon générale, tout ce qui va vers l’approfondissement de soi et la valorisation des qualités humaines ; selon les affinités : lectures inspirantes, musique…etc.)
Toutefois, il est bien sûr possible que même en ayant jamais entendu parler de spiritualité ou de quête intérieure, l’ouverture intérieure soit présente, c'est-à-dire que les qualités du « Soi » soient pleinement vécues. Car cette réalisation intérieure n’a rien d’artificielle, elle n’est rien d’autre que le dépassement des limites intérieures que nous nous sommes fixées.

Les processus d’indentification

« Durant de longues années je me suis identifié avec l’idée d’être une personne qui souffre et si, à ce jour, je n’ai pas définitivement dépassé ces mécanismes d’identification et que parfois, face à l’intensité de l’action ou sous la pression des circonstances, je me perds encore, je perçois toutefois de plus en plus clairement au fond de moi. »

Ainsi, certains se prennent pour Superman et d’autres pour des personnes qui souffrent.
[On pourrait évidemment se mettre à considérer que cette identification est illusoire et classer une fois pour toute l’idée d’un « travail » sur soi pour pourrait nous amener à la dépasser. Pourtant si cette conclusion reste uniquement le produit d’une déduction intellectuelle qui n’a pas été conscientisée en soi, elle restera sans effet sur la vie réelle et n’apportera pas les conséquences d’un épanouissement authentique.]
Ces identifications constituent la personnalité propre de chacun et associent le « Soi » ou le « Je » (c'est-à-dire ce que l’on est vraiment sur le plan le plus subtil) à l’idée d’une supériorité, d’une souffrance, d’une insuffisance… Ainsi, le « Soi », qui est fondamentalement libre, devient « Je » suis Superman, « Je » souffre… etc.
La simple reconnaissance en soi de la réalité de cette souffrance vécue permet que s’établisse une distance entre ce que est notre essence (le « Soi ») et l’identité qui est aliénée par l’identification.
(C’est pour cette raison que le raisonnement ou l’on tient d’emblée l’identification pour illusoire constitue un obstacle majeur dans la progression intérieure car alors le « problème » est éludé et de ce fait, reste enfoui en soi).
Par exemple, dans la reconnaissance authentique de « Je souffre » qui serait la reconnaissance de notre réalité du moment, une distance s’établit entre l’individualité du « je » qui se sent souffrir et cette conscience qui reconnaît cet état de souffrance.
Cette identification peut alors apparaître alors illusoire à travers le champ de notre propre expérience. Elle ne repose sur rien de solide et n’est qu’une suite d’agrégats, d’habitudes d’identification, un héritage laissé par nos parents, un vécu de souffrance (ou autre) et que notre environnement entretient.
Nous nous identifions par habitude. Ainsi notre « Soi », (notre « Je ») devient un être de souffrance et de peine. Par habitude, nous retrouvons les schémas qui « sont les notre » et les prenons pour réels, c'est-à-dire comme les constituants même de ce que nous sommes. Ce qui est faux, car nous sommes libres par nature.

Comment notre environnement (les gens qui nous entourent) nous maintient dans l’enfermement ?
L’environnement, notre environnement, car ce que nous pouvons connaître ou vivre de souffrance, d’insuffisance ou de quoi que ce soit d’autre est aussi vécu de la même façon par d’autres personnes autour de nous. Il est illusoire de se croire enfermé dans un corps aux limites bien définies car ce que vivent les autres trouve une résonance dans notre conscience, dans notre esprit ; et à l’inverse, tout ce que nous vivons intérieurement ne reste pas confiné dans les limites de notre individualité. C’est d’autant plus vrai pour ceux qui commencent à s’ouvrir intérieurement car alors, en même temps, ils s’ouvrent davantage au monde et à ses influences.
[A l’inverse, ceux qui vivent dans une structure bien fermée (qui ont un ego fort et sûr de lui), l’adhésion à l’individualité est si forte qu’elle donne une plus grande imperméabilité aux influences de l’environnement.]
Pour être plus explicite sur ce dernier point je traduis un peu mon vécu : Je vis dans un environnement où la peur de beaucoup est quotidienne, coutumière. Même si à certains moments je dépasse pour un temps ma propre peur, lorsque je rentre en contact avec quelqu’un qui connaît et vit cette peur dans l’instant, par la simple relation je la ressens et instantanément je m’identifie à elle comme étant moi-même (c'est-à-dire « J’ai peur »). Mais si ma conscience est suffisamment ouverte (apaisée), je perçois le mécanisme d’identification et ainsi je m’en libère car dès que je le perçois, il reste extérieur à moi et en ce sens il ne m’aliène pas, il est dissout, il n’a pas de réalité à ce niveau car la conscience se reconnaît alors elle-même à travers ses propres manifestations.
En fait il semble que les différentes marques (ou traumatismes) en soi ne soient pas individuels ; ils sont en quelque sorte en partage avec le reste de l’humanité, ils sont comme des énergies présentes avec lesquelles nous nous mettons, par habitude, en corrélation, et avec lesquels nous nous identifions.

Amitié
Par Jean-Yves - Publié dans : L'éveil... et ensuite ??? - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Mardi 11 août 2009 2 11 /08 /2009 01:52
Bonjour


Oui, l'éveil est une réalité, pas de doute à ce sujet... Il est la révélation de "ce qui est" (en soi) ; on voit, lorsque cela se produit, que nous ne sommes pas l'entité à laquelle nous nous sommes jusque-là identifié. C'est pour cela que l'on dit "éveil" car alors notre vraie nature, ce que nous sommes vraiment se révèle.

S'il est vrai que (pour certains du moins) l'éveil survient brutalement, il n'en est pas moins vrai qu'il est généralement précédé par tout une "démarche" spirituelle ou d'approfondissement de soi.

Ce qu'il me semble intéressant de préciser c'est que même si, par notre "démarche" nous nous préparons à l'éveil, nous n'avons aucun pouvoir sur lui et que ce n'est que lorsque nous sommes prêt qu'il survient. D'autres part aucune pratique et même aucun savoir ne peut nous le donner pour dû. (Ce qui serait une exigence d'ego)
Ainsi que semble d'ailleurs nous le confirmer le Christ à travers la phrase :
"L'époux viendra au moment choisi par Lui !"
Ce qui est certain, c'est qu'une profonde aspiration à cette "réalisation" est nécessaire pour que cela survienne, qu'il y ait un don de soi profond.

L'avantage de l'approche orientale de la spiritualité, c'est qu'elle nous incite à différentes pratiques ou remises en question de soi qui sont propices à l'éveil ; son inconvénient, c'est qu'elle semble placer "l'éveil" comme étant au bout d'une route que l'on doit parcourir, ce qui est faux bien sûr (avec l'idée de Nirvana par exemple).

D'autre part, il est aussi intéressant de savoir que "l'éveil" n'est pas la fin du développement spirituel car lorsque l'Être se révèle, l'ego est toujours présent. Il peut même, bien que cela semble paradoxal, suite à cette réalisation devenir très fort. Il a vu Dieu, il peut même se prendre pour "l'élu". Il y a à ce stade, l'idée "je suis éveillé" et c'est ce "je" qui peut devenir colossal et ne plus jamais accepter la moindre remise en question de son statut.
Les expériences spirituelles (perceptions ou autre) peuvent être très très fortes et donner ce sentiment d'unicité (d'être unique, le seul)...
Ce qui est bien naturel, car à ce niveau "l'Être" est unique bien sûr... Mais l'ego, toujours présent, récupère "cela" pour son propre compte, pour sa propre gloire. D'autre part, ce niveau de réalisation "l'éveil' nous montre l'inutilité de la méditation ou des différentes pratiques, ce qui est une réalité au niveau de "l'Être", mais là encore l'ego récupère et prend cela pour lui.

Il y a d'ailleurs une tradition spirituelle (je ne sais plus laquelle) où il était recommandé de ne pas enseigner pendant 5 ans à ceux qui basculait dans l'éveil. Ceci afin de leur laisser le temps d'intégrer cette réalisation. Car à ce stade, on a des perceptions bien arrêtées sur ce qu'est la réalité ultime et généralement tout ce que l'on dit est vrai.
Toutefois on peut être fermé à la perception du chemin nécessaire pour "l'autre" et ainsi le déstabiliser.


Par Jean-Yves - Publié dans : L'éveil... et ensuite ??? - Communauté : Quête d'un monde meilleur
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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /2009 09:31

Comprendre cela, que l'éveil n'est pas le final de la réalisation spirituelle permet que l'on sache, lorsque l'Être se révèle en soi (éveil), que l'on n'est pas pour autant au final de notre réalisation intérieure.
Lors de la période qui suit "l'éveil", il y a une (sorte de) dualité entre ce qui est" le SOI",( la conscience révélée) et l'ego ( la structure individuelle). A ce stade le "SOI" ne se maintient pas en permanence au niveau conscient car la structure émotionnelle, tout ce qui n'est pas guéri en soi remonte et vient le recouvrir.
Il y a donc à ce stade tout un "travail" nécessaire qui passe par l'acceptation des vagues qui remontent du fond de soi (sous forme de trouble émotionnel ou autre), et cela jusqu'à ce que cette conscience de "SOI" nous montrent que les vagues qui peuvent nous submerger ne sont en fait rien d'autre que lui, le "SOI".
Par Jean-Yves - Publié dans : L'éveil... et ensuite ??? - Communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité
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