Mercredi 10 octobre 2007
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C’est sur la base de la prise de conscience de notre bonté fondamentale que s’établit le “non agir”…
Tant qu’il y a une peur quelconque ou un idéal en nous qui recouvre totalement notre conscience, c’est sur la base de ceux-ci
que nos actions son accomplies.
La bonté fondamentale signifie que la sagesse est inhérente à notre Etre intime (à ce que nous sommes réellement, profondément…) Cela signifie
qu’une fois celle-ci révélée en nous, il n’y a rien de particulier que nous devions accomplir ; l’action juste se met en mouvement d’une façon spontanée…
À ce stade d’ouverture, il y a une sorte de “décrochage” de l’intellect, celui-ci lâche les rênes de la conduite de la vie ; à ce niveau,
toute action que l’on voudrait accomplir est comme un rajout sur la bonté fondamentale ; celle-ci étant déjà parfaite par nature, toute action qui lui est en quelque sorte surimposée crée
une imperfection (dans cette clarté intérieure, toute intention d’action amène le retour d’un ego)
D’où le “non agir” dont nous parlent de nombreuses traditions… mais qui ne signifie pas que l’on doive ne rien faire, il s’adresse à un
certain niveau d’ouverture intérieure, pour passer d’un certain stade d’ouverture à un autre stade.
Il y a un dynamisme (vers l’action) qui nous est inhérent, le non agir signifie : « ne pas intervenir sur ce dynamisme pour le
restreindre ou l’augmenter ; en d’autres termes, le laisser s’exprimer car nous sommes “Lui”. Nous sommes la force de vie… et nous n’avons jamais été autre chose…
Dans cette ouverture intérieure, c’est surtout vers l’intérieur de soi que notre attention est portée, l’action juste est celle qui ne crée
aucun inconfort en soi. Dès qu’il y a inconfort, c’est que nous avons créé une rupture avec notre réalité fondamentale (qui est la paix). La rupture avec cette paix intérieure se traduit en nous
comme un sensation d’inconfort, comme une sorte de violence en soi. C’est la raison pour laquelle, si, dans cette conscience nue, on regarde le monde en se disant, il y a telle chose ou telle
autre qui doit être accomplie, on se crée un impératif, on se projette dans un “devenir” et ainsi, on crée la rupture en soi.
Dans le Christianisme :
On retrouve le "non agir" dans cette simple phrase où le Christ dit en s’adressant à Dieu :
« Qu’il en soit selon Ta Volonté ! »
Il y a ici un lâcher prise de l’intellect…
Dans le bouddhisme :
Le mahasiddha connu sous le nom de Tilopa nous dit :
« Quand tu médites, ne médites pas ! »
Cela signifie vraisemblablement que l’intention de méditer, de faire quelque chose, nous fait sortir de l’état naturel (de la bonté
fondamentale) et amène ainsi la surimposition d’une conscience individuelle (et que cela voile la source en nous sur laquelle rien n’a besoin d’être rajouté)
Dans le même ordre d’idée, Tilopa nous dit : « Il convient d’éviter la méditation ! »
Dans le sutra du diamant, le Bouddha nous dit : « Si un boddhisattva se dit : je vais aller ici ou là-bas afin de créer un
champ de cohérence, c’est qu’il n’est pas encore un authentique boddhisattva, c’est qu’il est encore enfermé par l’idée d’une conscience individuelle et d’une durée d’existence »
Cela signifie que s’il a une intention, c’est qu’il n’est pas dans le non agir et que son éveil n’est pas total.
Je me souviens d’un enseignement Zen (je ne me souviens plus de quel texte il s’agit) qui dit ceci : « Lorsque la flèche arrête la
lance en plein vol, il ne saurait être question d’adresse ! »
Ce qui signifie que pour que cela puisse se produire, il est indispensable que celui qui tire la flèche soit établi dans le “non agir”.
C'est-à-dire qu’il ne soit plus obnubilé par le monde extérieur en se disant : « C’est maintenant que je dois tirer parce que la lance est à tel hauteur dans le ciel… »
Mais plutôt, rester sur la base de cette intention d’atteindre la lance, et laisser “faire” en
lui…
Dans le Taoïme :
Lao tseu nous en parle aussi dans le Tao Te King.
Dans l’hindouisme :
Dans La Bhagavad Gîta, Khrisna est le conducteur du char d’Arjuna.
Vraisemblablement, l’ensemble (char tiré par les chevaux, Khrisna, Arjuna) représente l’homme… Khrisna conduit le char, je crois que chacun
comprend ce que je veux dire…