Cette année-là J.P… sillonnait la France. Suite à son éveil intérieur, il venait de quitter "Pur…"et rendait visite à ceux qui souhaitaient l’entendre évoquer son expérience. D… faisait de même et nous entendions aussi parler de quelques amis qui se regroupaient, et qui, plus tard allaient devenir "Le groupe Pr…". Il semblait que tout à coup, pour une partie des membres de notre "école", l’heure de l’éveil venait de sonner.
Á cette époque-là, je vivais dans la campagne gersoise et le premier mot qui me vint de J.P…, par personne interposée, provoqua au fond de moi une sorte de déclic qui m’apparut comme l’éclosion de vingt années de méditation, d’études et de recherche intérieure. Dès cet instant-là, rien ne serait plus comme auparavant.
Ce conseil était, je crois, de se référer à notre ressenti profond, de s’écouter soi-même. Il n’y avait rien de véritablement nouveau en cela, car M… soulignait l’importance de l’autoréférence en mettant en première position dans la liste des "recommandations de vie" qu’il donnait : « Soyez auto référents ! » suggérant ainsi que ce conseil-là prenait le pas sur tous les autres, englobait tous les autres. Tout comme le "A" de "agnim hile purohitam yajnasya devamritvijam…" contient toute l’expression qui le suit.
Sans doute le terreau était-il devenu fertile…
Cette année-là, cette impulsion suivit son cours et je commençai à me dégager de mes chaînes. Je quittai mon domicile et m’installai provisoirement dans un lieu qui fut propice à mon ouverture intérieure. Contexte favorable sans doute, mais la Vie ne tisse-t-elle pas comme elle le doit les circonstances propices pour réaliser ce qui doit l’être, pour réaliser ce qui pousse du plus profond de nous-mêmes.
Tout bascula !
Un autre plan de moi-même se révéla, c’était comme si un nouvel étage en moi se montrait. Je vis "au fond de mon être" ce que dans un premier temps, j’appelais "Lui" (Le divin), car je le percevais comme étant totalement séparé de moi. Par la suite, plusieurs mois plus tard, J.P… m’expliqua que ce "Lui" n’était rien d’autre que moi-même dans ma dimension la plus élevée. Cette explication me permit de laisser se dissiper cette séparation.
Cette période, où les révélations intérieures se succédèrent, se poursuivit durant une semaine environ à son point culminant.
Une dizaine d’années se sont maintenant écoulées. Après ce passage qui a marqué ma vie, j’ai de nouveau connu des périodes sombres, de courtes durées mais souvent intenses. Il m’a fallu "travailler" sur les ombres, m’ouvrir à ces marques, ces blessures ancrées au fond de moi.
Et ici l’aide de J.P…, d’A.M… et du groupe Pr… fut précieuse. Elle m’a aidée à accepter au fond de moi ce qui est douloureux et ainsi, à le dépasser… Et à l’instant où je vous parle, rien n’est vraiment fini et je ne crois pas que quelque chose finisse un jour.
Lorsque je ressens une angoisse, quand je me lève le matin, ou même à tout autre moment, je m’assoie (ou même je reste debout), je l’accepte, je m’ouvre à elle et avec quelques bâillements, elle se dissous et disparaît ; je ressens dans ces moments-là un nœud qui se détend dans ma poitrine, qui se relâche au fond de moi. Je reste présent à qui est là.
En cela on retrouve les conseils de méditation de certains maîtres du Mahamudra :
« Quand tu médites, ne médite pas ! (Tilopa) »
Merci à Vous tous… merci à ce qui nous dépasse…
J.Y.
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander