Histoires courtes

Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /2007 17:37

Je remercie pour son accueil la communauté "Ecrire"...
Ci-dessous une première histoire...


 Depuis quelques jours Marina ne mangeait plus. Aucun, parmi ses proches n’avait su la persuader de prendre quelque nourriture. Sur les rives du canal Saint-Omer, elle observait les allées et venues, ne sachant trop que faire pour échapper à la prison qu’elle avait elle-même construite. En aval, monta la sirène d’un navire qui annonçait son passage prochain sur l’écluse de Sainte Berthe. En amont, la ville, quant à elle s’endormait, indifférente, comme chaque jour à l’heure de la sieste. Jamais Marina n’aurait envisagé un tel dénouement ; jamais elle n’aurait cru que ce chemin qu’elle venait de suivre l’amènerait ici, sur le bord de ce cours d’eau, à attendre elle ne savait trop quoi.

 

Du haut de ses quinze ans tout accomplissement semblait réalisable ; toute tentative, tout essai méritait d’être vécu, mais pour ce qui est de celui-là, elle ne savait que penser. Victor, son ami le plus cher, avait bien tenté de la suivre sur ses chemins escarpés mais au dernier moment, il s’était détourné d’elle ; il lui avait dit qu’il l’aimait… pourtant… Mais ici, était le constat d’un échec !

Assise sur le bord du quai, elle observa le courant de l’eau à ses pieds ; les rayons du soleil se reflétaient dans l’onde, mais bien peu en réalité de cette clarté lui parvenait. Elle se leva et vit au loin s’approcher le navire annoncé ; gros cargo, il dégageait une fumée grise qui obscurcissait l’atmosphère.

Elle se remémora toutes ces journées passées, à retourner la situation dans un sens ou dans l’autre, à intriguer pour que les choses prennent la tournure qu’elle désirait ; elle réalisait que son savant calcul l’avait conduite à une impasse. Fallait-il qu’elle meure pour échapper à ce sinistre, à ce tourment ?

Sur le bord de la rive, s’approcha un homme en gris ; étrangement vêtu, il arborait un vieux costume dont la coupe paraissait remonter au siècle dernier. Son chapeau montrait des rebords cornés et ses yeux, que recouvraient d’épaisses lunettes de vue, semblaient agrandis par un effet de loupe. À sa main, une canne se balançait et sa démarche hésitante traduisait tous les critères de la timidité. Surprise, Marina observa ce personnage qui avançait ; celui-ci était si pittoresque que malgré sa tristesse, la jeune fille sentit un sourire monter sur ses lèvres.

— Bonjour mademoiselle…

— Oui, bonjour monsieur…

— Voici bien deux heures que je vous observe, car je n’ai rien de mieux à faire. Je vous vois ici, comme portée par le désespoir le plus grand, envahie par le chagrin alors que la jeunesse vous porte et que le soleil brille pour vous…

Ça y est, pensa-t-elle, j’ai affaire à un taré !

— Non je ne suis pas fou, répondit l’homme à cette réponse muette, mais pourquoi faudrait-il que votre regard s’attarde sur l’ombre alors que le jour vous crie sa lumière ?...

Etonnée, elle observa son interlocuteur. Malgré son aspect de débile, il ne manquait pas perspicacité.

Celui-ci poursuivit :

— Retournez vers ceux qui vous aiment et n’accordez pas aux incidents de la vie une importance qu’ils n’ont pas. Retournez vers eux et comprenez que tout se dissout dans le temps et que ces petits tourments n’ont que l’importance que vous leur donnez. Repartez avec un sourire dans votre cœur, et ainsi, c’est avec un sourire d’amour que vous serez accueillie par vos proches.

Marina observa cet homme dont les yeux sous ses grosses lunettes étaient comme embués ; il venait de trouver une faille au fond d’elle, une faille qui permettait au bonheur de remonter. Ce visage, face à elle, lui adressa un sourire puis se détourna et disparut.

Au loin, sur le canal, le cargo s’éloignait, emportant avec lui ses dernières bribes de fumée opaque.

 

Par Jean-Yves - Publié dans : Histoires courtes - Communauté : Ecrire
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Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /2007 17:41

La neige tendre et bleutée recouvrait les hauts sommets. Magnifique, dans cette apothéose de lumière, elle resplendissait de mille feux ! Sur le versant opposé, la forêt de bruyère, de sapins et d’épineux arboraient de tendres habits qu’enveloppait une majesté indicible. Là-bas, dans la cabane sur le flanc de la falaise s’attachait le souvenir de moments puérils maintenant passés. Je revoyais encore toutes ces journées avec remord et regret à la fois. Marthe avait disparu ! Plus haut, beaucoup plus haut ! Mon esprit, attiré comme un aigle par l’altitude, s’envolait vers des ailleurs tissés de beauté et d’émerveillement.

 

La neige tendre et bleutée recouvrait les hauts sommets. Elle me montrait que même la froidure et que ce qui n’existe que par le froid pouvait dire la chaleur et la lumière. Immobile, j’observais ! Et tandis que mes pieds engourdis appelaient un mouvement, mon visage, tuméfié par la brûlure du soleil, m’incitait lui aussi à repartir. J’étais venu jusqu’ici, cela seul importait. Á ma froideur que tant de fois Marthe avait dénoncée comment aurai-je pu remédier ?

 

La neige tendre et bleutée recouvrait les hauts sommets. Elle était comme de l’eau qui quelque part se serait tuméfiée, comme de l’eau paralysée mais elle n’en reflétait pas moins les splendeurs célestes.

 

Par Jean-Yves - Publié dans : Histoires courtes
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Lundi 5 novembre 2007 1 05 /11 /2007 17:16

Je remercie Enigmus de m'avoir accueilli dans sa communauté "Au fil des mots"
Ci-dessous une première histoire... Au palisir de communiquer avec vous tous et de découvrir vos textes... au fil des jours qui passent...


Le monstre montrait des crocs démesurés ; il était apparu comme ça, d’une façon totalement inattendue et à la stupéfaction de tous. Il ne bougeait pas et sous son pelage sombre, son œil vif semblait rester aux aguets, observant chacun et essayant de percevoir de quelle façon il pourrait pénétrer nos défenses. Dans une sorte de flottement où la peur rejoignait l’étonnement, nous n’osions bouger, sachant que toute fuite était perdue d’avance et qu’aucune cachette ne pouvait nous mettre à l’abri. Ou peut-être, inconsciemment, savions-nous déjà qu’il avait toujours été là, invisible, et que d’une façon ou d’une autre nous ne pouvions pas lui échapper ; comme une part de nous-même qui, soudain, serait devenue visible.

 

Durant quelques instants, la peur au ventre, j’ai détourné le regard ; j’espérais ainsi qu’il en profiterait pour s’éloigner… mais il ne bougea pas et comble de tout, ses yeux ironiques parurent me dire : « Si tu crois que tu peux te débarrasser de moi comme ça, tu te leurres ! »  

Il fit quelques pas, tourna sur lui-même et de nouveau braqua sur nous ses yeux acérés, méchants et remplis de haine. Sa simple présence, même inactive, constituait une menace permanente qui nous empêchait de vivre en paix. Alors, lentement, sur la défensive, je me suis approché de lui… Ses yeux accentuèrent aussitôt leur expression de haine et brusquement, dans un rugissement il exhiba ses crocs dans une bave écumante et dégoulinante. Dans un sursaut, je fis un pas en arrière et à mon grand soulagement, je vis qu’il  s’apaisa… Je fus alors comme statufié, incapable de reculer ou d’avancer, toute issue me paraissant fermée pour toujours. Et ce fut dans cette posture inconfortable où nos regards se pénétrèrent que je vis avec surprise, apparaître une nouvelle expression dans ses yeux ; ou plutôt, je perçus ce que ma propre crainte m’avait caché jusque-là. Sous cette apparence de haine, se dissimulait une peur profonde, viscérale. Cette découverte me laissa abasourdi et sous le poids de mon attention qui s’accrut encore, ses petits yeux vifs laissèrent alors transparaître une profonde souffrance, comme un appel au secours ; je vis, à cet instant, la détresse d’un être qui ne sait s’exprimer que par l’agression. Je sentis alors s’animer du fond de moi une sorte de sentiment, une sorte de débordement qui surgit d’une manière totalement incontrôlable ; et ainsi, je ne pus empêcher ma prière de s’élever de mon cœur et d’aller dans sa direction, comme une main invisible que j’aurais tendue vers lui…

 

Tout parut fondre en un instant, et dans cet amour où l’unité reconnaissait l’unité, le monstre disparut comme il était venu…  

 

 

Par Jean-Yves - Publié dans : Histoires courtes - Communauté : Au fil des mots
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Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /2007 17:02

Je remercie pour son accueil la communauté "Plaisir d'écrire"
Ci-dessous une première histoire... 

Harry prit un café noir. La boisson coula, onctueuse, le long de sa gorge et lui procura une sensation de bien être. Il reprit son journal et dans les nouvelles locales, il retrouva ce qu’il avait déjà lu la veille. Marie l’observait. Elle était lasse de cette vie de couple où rien ne se passait jamais, où l’inattendue n’existait plus depuis déjà longtemps. Elle se leva et pour une fois, décida de ne pas reprendre son tricot, de ne poursuivre des habitudes, à son goût beaucoup trop figées. Elle voulait trouver un peu de joie, quelques rires, que la vie chante un peu… 
Pourquoi aurait-il fallu que, moroses, les jours ses succèdent sans jamais apporter de bonheur. Elle décida soudain que cet homme en face d’elle, elle allait le surprendre, l’emporter vers des endroits imprévus afin que bouge cette inertie qui paralysait la vie. Nous vivons par habitude, quelle désolation ! Après cette moue qu’elle se fit comme pour elle-même, elle prit des baguettes qui traînaient dans le tiroir et se mit à taper sur la table. Harry releva la tête, éberlué, mais qu’est-ce qui lui prenait tout à coup, à elle, qui avait toujours été si prévisible ?... 
Elle cessa le jeu puis reprit son tricot comme d’habitude, mais avec quand même un petit rire au fond de son esprit, un sourire imperceptible pour son mari, qui, le regard inquiet continuait à l’observer. Le chat se mit de la partie, il miaula soudain, comme pour demander ce qui se passait. Mais Marie continuait son tricot jusqu’à ce que Harry, fatigué de l’observer, reprenne sa lecture. Le temps s’écoula ainsi, et le chat, rassuré de voir que rien n’avait bougé, retourna dans son panier et se mit à ronronner. Marie poursuivit son jeu. Au lieu de tricoter, elle entreprit de défaire cet ouvrage sur lequel elle travaillait pourtant depuis plusieurs jours ; ainsi maille après maille, elle détricotait. Son mari, lorsqu’il eut achevé de lire l’article du journal qui le tenait, leva un regard furtif vers elle pour se rassurer quant à la normalité de sa conduite ; surpris, il leva les yeux une deuxième fois et avec un regard plus prononcé, marqua son étonnement :

— Mais enfin, que fais-tu ? lui demanda-t-il

— Eh bien ça se voit non ? Je détricote.

— Mais alors tu ne le finiras !...

— Est-il besoin de le finir ? Nous avons déjà suffisamment de pull. C’est pour le plaisir que je tricote. Si la joie est éteinte, il n’y plus de raison pour continuer !

Face à cette répartie si évidente, il ne sut que répondre. « Voilà qu’elle se mettait à philosopher maintenant, pensa-t-il, mais où allons-nous ? »

Marie se leva, comme mal à l’aise, quelque chose bougeait au fond d’elle. Elle avait déstabilisé le regard de son époux posé sur elle mais aucune transformation réelle n’était survenue.

Elle sortit sur le balcon et alluma une cigarette. Lentement, elle aspira la fumée pour bien en savourer les effets relaxants.

« Il est vrai que nous ne touchons qu’une petite retraite, pensa-t-elle, et que nous ne pouvons nous permettre de longs voyages, mais vivons-nous vraiment notre vie actuelle ? Ce soleil au-dessus de ma tête, depuis combien de temps n’ai-je pas levé mon regard vers lui ? Et ces étoiles qui brillent dans la nuit, existent-elles encore pour moi ? »

Elle voulait que son quotidien évolue vers d’autres horizons et que la rivière figée de sa vie se remette à couler. Son époux, ne pouvait-il lui donner d’autres joies que ce quotidien morne ? Elle souhaitait l’interpeller d’une manière douce afin qu’il ne perçoive pas son attitude comme une agression ; comme lorsque l’on réveille un enfant le matin en lui disant : « Bon il est l’heure maintenant, le soleil brille et n’attend plus que toi ! »  

Elle revint vers le salon, s’assit en face de la table où depuis des années ils prenaient leurs repas, puis attendit. De nouveau, Harry l’observa quelques secondes, mais à présent habitué à ses fantaisies soudaines, il replongea dans sa lecture. Le chat continua à ronronner, il ne vit pas de différence, ou bien il fit semblant ; mais après tout, ce n’était pas une histoire de chat.
« La vie n’aurait-elle pas dû s’épanouir avec le grand âge ? se demanda-t-elle, comme une fleur qui, arrivant à maturité, exhale un parfum divin avant de disparaître. Pourquoi les hommes et les femmes vieillissant n’exhalent-ils pas le bonheur ? n’exhalent-ils pas la plénitude d’une vie bien remplie ? Que leur manquent-ils ? ou bien que leur a-t-il manqué ? ou encore, qu’ont-ils reçu en trop ? Pourquoi ? »

     Marie s’amusait seule à ce petit jeu ; ce plaisir : un premier résultat sans doute, une première lumière, un début de progrès en somme. Elle en déduisit qu’elle se trouvait sur la bonne voie, mais en réalité son attitude était motivée par une souffrance ; un manque de bonheur sans doute… mais en fait, qu’est-ce qu’une souffrance si ce n’est un manque de bonheur ? 

Harry, plongé dans son univers, n’allait certainement pas trouver la réponse dans le journal ! Bien qu’on ne sait jamais ; mais encore aurait-il fallu qu’il soit ouvert à sa venue et qu’elle l’intéresse. Quant au chat, s’il la connaissait, il ne dirait sûrement rien.

Il lui fallait donc chercher par elle-même…

Mais surtout ne croyez pas que Marie était devenue folle. Elle savait parfaitement où elle voulait en venir. Elle dessinait de nouvelles images, de nouvelles histoires et utilisait sa vie, son corps et son environnement pour tisser une trame toute neuve. Comme dans une expression artistique, un art si moderne qu’il restait encore inexploré, encore à découvrir.

Harry commença à bouger, un espoir peut-être. Il posa le journal, se leva et vint vers elle. Elle l’observa. Allaient-ils croiser le regard ? Sur la table, près de laquelle elle restait résolument assise, il prit un livre et retourna s’asseoir dans son fauteuil. Le silence se replia de nouveau.

« Bon, c’est déjà un début ! pensa-t-elle avec humour, il faut y aller doucement. »

Dans son panier, le chat ronronnait. Harry, dans son fauteuil, lisait ; mais avec ou sans lui, au-dessus de la tête de Marie, le ciel restait ouvert.

Par Jean-Yves - Publié dans : Histoires courtes
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Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /2007 17:12

Merci à la communauté "Nouvelles d'ici et d'ailleurs" de m'avoir accueilli...
Une première nouvelle...

Une histoire à l'allure de marine ; La grande tour évoque bien sûr la lumière intérieure, tandis que le pêcheur représente l'homme perdu dans l'immensité du monde...

Le vent cinglait. Sans répit, il écrasait les vagues sur la jetée, il les déchiquetait. Au-dessus, parmi les oiseaux s’émoustillant dans le ciel, des nuées multicolores tourbillonnaient et s’éloignaient vers la grande darse. Á l’entrée du port, la haute tour étalait son prestige, immobile et imperturbable face à l’assaut des éléments, elle se dressait vers le ciel. Là-bas, vers les pontons de l’ouest, les pêcheurs, affinés par les caprices du temps, attendaient des cieux plus cléments.

 

J’étais venu ici pour admirer, pour respirer le spectacle, pour le vivre. Avec la course du soleil qui se poursuivit dans le ciel, la mer montra des signes de fatigue et le vent, las de tant de bruit, finit par s’estomper. La grande tour, avec une allure fière et victorieuse, s’illumina dans le rose du couchant et laissa les vagues, alimentées par leurs propres mouvements, poursuivre leurs interminables assauts.

 

Un pêcheur sortit du port ; petit canot, insignifiant dans la tourmente, il avançait, serein. Il était celui qui brave, celui qui espère. Il se balançait au rythme des flots et aucune vague ne paraissait vouloir l’atteindre, ne paraissait le corrompre. Son capitaine, homme fier et avisé, tenait la barre d’une main sûre et semblait commander à la mer elle-même. Comment celle-ci aurait-elle pu lui causer du tort, à lui dont la vie était vouée à cet océan, à cette immensité ?

Le temps suivait sa course et marquait les destins. Le vent reprit et de nouveau les rafales alimentèrent les vagues. La mer flagella l’embarcation, elle aspergea le pêcheur, elle le liquéfia ; et celui-ci dans un mouvement incessant, ne remontait sur la crête des flots que pour s’enfoncer de nouveau dans les creux ; et ainsi continuellement, il ne ressortait de son tourment que pour y plonger de nouveau.  

 

Les yeux perdus dans mes jumelles, je ne me lassais pas de regarder. Mais la pénombre survint sans que j’y prenne garde, elle recouvrit la scène et laissa ce destin dans le mystère.

 

« Homme seul au milieu de la tourmente et de la nuit, qu’es-tu devenu ? »

 

Pensif, à l’abri des rochers, j’observai une dernière fois la grande tour dont la silhouette sombre disparaissait dans l’obscurité.

Par Jean-Yves - Publié dans : Histoires courtes - Communauté : Nouvelles d'ici et d'ailleurs
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Samedi 2 février 2008 6 02 /02 /2008 11:54

Catégorie : Histoires courtes

Pour participer au jeu n'° 12 organisé par Cender (voir le lien en cliquant ICI), j'ai écrit l'histoire suivante :
 

Ci-dessous le règlement :

Le jeu consiste à écrire un texte à partir de :

1) les mots obligatoires: image, obédience, obéissance
 
2) un lieu: sur la place du village 
3) le moment: il est midi, les cloches sonnent les douzes coups 
4) deux personnages obligatoires (en plus de ceux que vous mettrez en oeuvre): un petit garçon, une dame âgée
5) des objets: un livre, un crayon, une mouche, un papier froissé.

Je reconnais que j'ai un peu dévié du règlement car, parfois, je n'ai utilisé que l'image que les objets représentent...

Marion leva son clair visage vers le ciel. Le soleil, comme une image de sa beauté, répandait sa lumière en tous sens. Douze sons de cloches remplirent soudain l’espace et la ramenèrent au présent… Elle reposa son livre, un sujet qui décidément ne l’intéressait pas du tout, il traitait de l’obédience communiste. Midi, il va falloir que je parte, pensa-t-elle. Assise à la terrasse d’un café, Elle se laissa aller encore quelques instants à observer les allées et venues sur la place du village. À l’angle de la rue, une vieille femme surgit, voûtée, elle marchait aussi vite que son corps lui permettait. Marion observa avec dépit ce visage parcheminé, véritable papier froissé, qui s’approchait ; troublée, elle voulut fuir cette apparence que l'avenir ne manquerait pas de lui donner. Elle détourna son regard puis sortit de son sac un nécessaire de maquillage ; d'un coup de crayon, elle souligna le contour de ses yeux puis, comme pour parachever son œuvre, dessina une mouche sur sa joue. La dame âgée passa près d’elle sans la voir et, furieuse, interpella un gamin qui jouait près de là. Elle vociféra dans sa direction :
— Et alors galopin, où étais-tu passé ?
Face au jeune garçon qui restait imperturbable et continuait à jouer comme si de rien n’était, elle poursuivit :
— Et l’obéissance alors, qu’est-ce que tu en fais de l’obéissance ?
Sans attendre de réponse, elle le prit par le bras puis l’entraîna. Elle repassa près de Marion et, accrochant son regard, ses yeux s’illuminèrent soudain dans un éclair d’amour. Elle ajouta avec un sourire :
— Ah, les jeunes alors…
Et tandis que la vieille dame s’éloignait avec l’enfant, Marion, interloqué, pensa :
— Tant de beauté sous l'apparence de la vieillesse... aujourd’hui, j’ai vu le soleil !
 
      
Par Jean-Yves - Publié dans : Histoires courtes - Communauté : Au fil des mots
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Pages

Présentation

Spiri. Laïque

Vers une spiritualité laïque... 


Introduction...


Sommes-nous certains de savoir ce qu'est la réalité ???

Pourquoi notre attitude dans notre relation avec le monde est-elle vouée à l'échec ???

Premiers pas vers l'ouverture...

Qu'est-ce que la spiritualité ???


Une source en nous??? Qu'est-ce que c'est???


La source, fondement de l'action juste...


Rétablir le "lien" avec la source...


Actions et réactions (Karma)

Croire en Dieu ???

L'importance de l'authenticité...

Ne pas faire ce que nous ressentons être mal est essentiel 

La vérité peut-elle être blessante???

L'acceptation des désirs...


Ouverture intérieure et capacité à recevoir...


Réalisation spontanée des désirs... 


Entraide sur la voie...
  

L'autre qui nous gêne...


La voie intellectuelle...

 
Deuxième pas vers l'ouverture...

 
Pour la paix...


La vie spirituelle, c'est la vie elle-même...


La maya ou la grande illusion...


Influence mutuelle des individus...


Ouverture intérieure et notion d'effort en vue de l'éveil...


Les croyances...


Bonheur, soufrance et voie d'évolution...
 

Bonheur et souffrances...

Chagrins d'amour ???

La spiritualité à travers les arts...


Dépasser les névroses...
 


Voies spirituelles, une grande méprise...


 
L'éveil...


Les situations négatives...


Bonheur et lucidité...


Le pouvoir créateur de la conscience


Laïcité et spiritualité


Dépasser les peurs
 

Destinée inéluctable ou libre arbitre??? 

L'autre, reflet de ce que nous "sommes"... 

Compatibilité entre vie spirituelle (éveil) et développement personnel... 

Vivre au présent ???

"Dhama" ou "Devoir naturel"....



L'éveil... et ensuite ???

 
L'éveil et la continuité du chemin, un paradoxe... 

Un piège qui accompagne l'éveil...
 
"Être au service..."


Bonté fondamentale et non-agir...


Ouverture intérieure ou "vêtement spirituel", un choix...
 
 
Eveil authentique... ou conceptuel???
 
 
Le vide sous les pieds...
 

Témoins d'éveil... 





Conscience et anciennes traditions...


Introduction


Christianisme : Commentaire de l
'évangile selon Saint Jean


Et l
a lumière brille dans les ténèbres...


Sur la génèse
 


Tierno Bokar, maître soufi...


La Bhagavad Gita et la Bible, une similitude 

Le Tao Te King- Commentaire du chapitre 10 

Le Tao Te King- Commentaires du début du chapitre II

Le Tao Te King- Commentaires du début des chapitres XV et LXX 

Le Tao Te King- Commentaires du Verset XX

Le chant royal de Saraha (Versets 1 à 6)


Tu aimeras l'étenel ton Dieu de tout ton coeur
de toute ton âme...

"Aimer ses ennemis ???"

"Heureux sont les simples d'esprit...."

La Genèse, le bien et le mal...

La Genèse, la femme et a chute ???

"On ne voit bien qu'avec le coeur" ou "La Genèse et la chute"

L'invincibilité ???


Problèmes de socièté... Une approche...

Introduction

De la division à l'unité... dans l'intégration du monde actuel.


La voie spirituelle (ou voie de la connaissance de soi), source de paix dans le monde...


Le chomage...


Un mur en Israël...

Le Dalaï Lama reçu par Georges Bush ???



Questions et réponses...


Peut-il être légitime de se suicider ??? 

 
Qu'est-ce que le KI ??? 

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