Conscience et anciennes traditions

Mercredi 10 octobre 2007 3 10 /10 /2007 17:19

      

De nos jours, afin de vivre dans l’authenticité la plus absolue et ainsi de maintenir notre liberté intérieure, nous souhaitons bien souvent ne pas nous appuyer sur les écrits des anciennes traditions spirituelles. Toutefois, si nous ne retrouvons les reflets de notre expérience à travers ces différents enseignements, nous aurons de sérieuses questions à nous poser quant à la validité de ce que nous vivons. Car la vérité fondamentale reste inévitablement la même aux différentes époques et dans les différentes traditions ; les hommes restent des hommes.

 

Ce qui est intéressant, à mon sens, n'est pas de déterminer la validité historique de tel ou tel écrit mais de voir ce que celui-ci peut nous apporter ou en d'autres termes éveiller en nous. Dans cette optique, la nationalité ou l’origine de celui qui a écrit importe peu, car c'est en soi que se trouve la résonance que ces textes nous apportent. Ils ne sont alors que des supports qui permettent à notre conscience de "mûrir".

On peut bien sûr en nier totalement la validité tout comme on peut "y croire" totalement. Mais je crois que c'est le passage entre ces deux extrémités qui est intéressant : l'interrogation sincère.

Important aussi, à mon avis, de ne pas oublier que dès que l'on a trouvé une réponse (dans l'affirmation ou la négation), si elle est bien définie, et surtout si l'on a envie de la défendre, c'est toujours un mécanisme de la conscience repliée sur elle-même et qui cherche à défendre un territoire (mécanisme d'ego).

Ce que je veux dire par là, c'est que "l'on ne trouve pas", ce n'est jamais fini, jamais carré. La conscience retrouve « son infinité ».

 

Il semble que certains écrits anciens (comme la Bible, le Mahabharata, le Ramayana, etc.) outre leur sens temporel, recèlent aussi une signification intemporelle visant d’une part à éveiller la conscience de ceux qui les liraient, mais aussi à confirmer à ceux qui s’ouvrent à leur propre réalité intérieure, qu’ils sont bien dans la bonne direction et nullement en dualité avec ce que ces textes expriment, et cela quelques soit l’expression extérieure de leur propres religions.

 

J’ajoute que je ne prétends pas, à travers ces différentes expressions, donner une explication ferme et définitive sur la signification des textes que je cite et d’autres interprétations sont probablement tout aussi dignes d’intérêts.

 

 

 

Par Jean-Yves - Publié dans : Conscience et anciennes traditions - Communauté : Les fous du désarroi
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Lundi 15 octobre 2007 1 15 /10 /2007 10:49


Bonjour

Si aujourd’hui, afin de préserver notre liberté intérieure et vivre dans l’authenticité la plus absolue nous souhaitons ne pas nous appuyer sur les écrits des anciennes traditions, nous aurons néanmoins de sérieuses questions à nous poser quand à la véracité de notre expérience si nous n'y retrouvons pas les traces, les marques, nous laissant supposer que ce qu’ont vécu les « anciens » ressemble à ce que nous vivons...
  Car la vérité fondamentale reste la même aux différentes époques. Dans toutes les traditions et de tout temps les hommes restent des hommes.
 
Je ne prétends pas, à travers cette expression, donner une explication ferme et définitive sur la signification du texte que je cite et d’autres interprétations sont probablement tout aussi dignes d’intérêts.
 
Il apparaît que certains écrits anciens (comme la Bible, le Mahabharata, le Ramayana, etc.) outre leur sens temporel, recèlent aussi une signification intemporelle visant d’une part à éveiller la conscience de ceux qui les liraient, mais aussi à confirmer à ceux qui s’ouvrent à leur propre réalité intérieure, qu’ils sont bien dans la bonne direction et nullement en dualité avec ce que ces textes expriment, et cela quelques soit l’expression extérieure de leur propres religions.
 
A chacun donc de voir, si ce qui est dit ici, résonne ou non au fond de lui….


Commentaire : "L'évangile selon Saint Jean"


« Au commencement était le Verbe »


Le commencement dont il est question ici ne désigne sûrement pas une époque particulière, Dieu étant dit « Eternel » l’idée même d’un commencement temporel est peu probable. Ce commencement semble être « le point » à partir duquel le monde se déploie, le monde extérieur se manifeste. S’il en est ainsi, la création du monde ne s’est pas faite à un moment donné dans le passé mais se manifeste ici et maintenant dans chaque instant.

« Le Verbe » serait donc la première expression dans le processus de création.


« Et le Verbe était tourné vers Dieu, et le Verbe était Dieu »


Il n’y a pas de séparation entre cette première expression de la réalité et l’infini.


« Tout fut par Lui »


Il est à l’origine de toutes les expressions du monde, à partir de Lui, l’univers se déploie…


« Et rien de ce qui fut ne fut sans Lui »


Voici une nuance probable avec la phrase précédente qui laisse entendre que les choses, même celles qui apparaissent très éloignées de la source, du point de création (les ténèbres), sont aussi de même essence que le Verbe.

« Le Verbe était la vie et la lumière des hommes. »

Ce plan fondamental est notre source intérieure de lumière et de vie.

Le mot « lumière » peut exprimer la joie, le bonheur mais aussi notre capacité à percevoir la réalité telle qu’elle est. Nous retrouvons la confirmation de cela dans une autre culture où il est dit que la nature profonde de l’homme est « Sat-chit-ananda », «  Etre, conscience et béatitude » le mot « conscience » traduisant ici l’aptitude à percevoir ce qui est vrai.

Nous retrouvons aussi cet aspect dans cet épisode du « Mahabharata » qu’est « La Bhagavad Gîta » où Khrisna dit ceci à Arjuna :

« Pour le bhramane (prêtre) illuminé (éveillé) l’intégralité des Védas (dans ce contexte, enseignements spirituels mis en mémoire) na pas plus d’utilité qu’un puit dans un lieu inondé de toute part. »

Ainsi donc, « le Verbe » est notre lumière, de lui émane enseignement et bonheur.                


« Et la lumière brille dans les ténèbres »


Cette source, conscience éveillée en nous, est éveillée même si nous croyons en être séparés.

Cet aspect est également confirmé par les enseignements orientaux.


« Il y eu un homme appelé Jean, il n’était pas le verbe mais était envoyé par lui. »


Lorsqu’on lui demanda qui il était, il répondit :


« Je suis la voix qui crie dans le désert : »


Je suis conscient qu’à l’endroit où se déroule la scène, le désert domine et que cela peut signifier aussi « je crie et personne ne m’entend », mais l’image du désert revêt un autre sens dans la démarche spirituelle. Quoi qu’il en soit Jean est dit être envoyé par « le Verbe » 

Cela signifierait : « Je suis l’expression de ce niveau fondamental, où rien n’est encore créé (vide comme un désert). A travers moi, le Verbe s’exprime. »

Et cette voix, que nous dit-elle???

Elle nous dit :


«Aplanissez le chemin du seigneur »


Préparez-vous pour que puisse venir à vous la conscience éveillée, pour que votre source puisse se manifester à vous. Faites les changements nécessaires dans votre vie…


« Et les ténèbres ne l’ont point comprises »


Si les ténèbres ont cette capacité de comprendre ou de ne pas comprendre, c’est qu’ils ont une identité. Celle-ci est séparée de la source, ne la comprend pas et ne l’accepte pas.


Voir aussi à ce sujet le lien suivant : "Et la lumière brille dans les ténèbres..."

Par Jean-Yves - Publié dans : Conscience et anciennes traditions - Communauté : FLEUR DE LOTUS
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Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /2007 17:55

 

Cet article ne se veut pas une interprétation ferme et difinitive de la Génèse mais comme l'expression de mon ressenti en cet instant...

L’éternité et le temps :

Du point de vue de la compréhension habituelle, l’éternité désigne ce qui a toujours existé et qui existera toujours ; ce qui signifie évidement “qui n’a jamais commencé et ne finira jamais”. En d’autres termes, l’éternité se situerait en dehors du temps lui-même.

Pour essayer de comprendre le sens profond de ce récit biblique il est probablement nécessaire de se situer en dehors de l’appréciation temporelle qui nous fait percevoir ce texte comme relatant des faits qui se sont déroulés dans un passé lointain… (Il y a X millions d’années, Dieu a créé le monde…etc.)

Mais comme toute expression se situe dans le temps, c’est à partir du temps que l’appréciation de ce texte devient possible. Dans cette appréciation (c'est-à-dire dans cet angle de vision), la création du monde s’établirait dans chaque instant et cette histoire (La Genèse) relaterait le déploiement du monde dans chaque instant depuis “cette énergie indifférenciée” dont nous parle la science actuelle (la mécanique quantique) pour aboutir à ce monde manifesté devant nos yeux.  

Pour “analyser” la genèse d’un point de vue intemporel et ainsi rester dans une vision transcendante, il est bon de se souvenir que chaque événement qui s’y déroule a lieu dans chaque instant… (À chaque instant, Dieu crée le monde, à chaque instant Adam est créé…etc.)

Cette énergie indifférenciée :

La science actuelle nous dit que si nous pénétrons la structure de la matière jusqu’à l’infiniment petit, nous découvrons le niveau atomique ; à ce stade elle apparaît comme étant essentiellement constituée de vide de telle sorte que si nous regroupions “par exemple” les noyaux et les électrons des atomes du corps humain, celui-ci, dit-on, pourrait rentrer dans un dé à coudre… Certains scientifiques disent ou émettent l’hypothèse que tout l’univers pourrait n’être rien d’autre que de l’énergie et que celle-ci serait la même quel que soit l’endroit, la chose ou l’être qu’elle manifeste. Cet aspect “énergie indifférenciée” fait bien sûr penser à “Dieu”, non pas comme à une entité mais comme à une réalité omniprésente.

Voyons donc comment, d’après ce récit biblique “La Genèse” nous passons de cette énergie indifférenciée à notre monde manifesté.  

La Genèse :

Déploiement pour l’être humain (tout aussi vrai pour l’homme que pour la femme car chacun des deux comporte un aspect féminin et un aspect masculin. Il n’y a probablement que sur la manifestation apparente que la différence entre les deux sexes se situe.)

Dieu créa Adam (je pourrais dire “à partir de cette énergie indifférenciée Adam est créé”) :

A partir de ce "vide" une réalité prend forme ; à ce stade il est nu (donc sans conditionnement), il est proche de Dieu (créé à son image), il n’y a pas de séparation entre Dieu et lui.

Dieu prit une côte d’Adam et créa la femme :

Il ne crée pas quelque chose de nouveau mais continue sur la base de ce qui est déjà créé, ce qui montre un développement du processus de création. A ce stade, une dualité est déjà présente, il y a la femme et l’homme, mais cela ne constitue pas un problème car tous les deux se reconnaissent en Dieu (c'est-à-dire dans la conscience éveillée, ils se reconnaissent tous les deux comme étant une seule vérité)

La femme, sous le conseil du serpent, incite l’homme à  manger le fruit de l’arbre défendu (qui donne la connaissance du bien et du mal) :

Dès l’instant où il y a "deux", même si c'est une apparence une faille est présente et c’est donc dans cette faille que se poursuit le processus de création mais en même temps de chute. Sous le conseil du serpent (peut-être parce qu’il représente ce qui est le plus près du sol, de la matière et en conséquence ce qui apparaît le plus éloigné de Dieu) la femme incite l’homme à désobéir et à manger le fruit qui leur donnera la connaissance du bien et du mal.

On retrouve cet aspect de faille dans ce qui est le plus près du sol dans d’autres traditions (exemple : le talon d’Achille ou encore la façon dont Krisna a été tué : une flèche qui l’a atteint en dessous des pieds)

L’homme et la femme (c'est-à-dire cet aspect masculin et  féminin présent en chacun d’entre nous) mangent le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal :

Dès cet instant ils sont dans la dualité et se cachent de cette réalité fondamentale (Dieu), ils acquièrent ainsi une individualité qui leur est propre ; ils réalisent aussi qu’ils sont nus et s’habillent (deviennent conditionnés par leur vision du monde tel qu’ils le perçoivent après cette chute.)

En conséquence, Dieu ne les voit plus et les cherche.

On retrouve cet aspect dans de nombreux enseignements qui nous disent que la Vérité se révèle à nous en fonction de notre ouverture intérieure. Et que d’une certaine façon ce n’est pas elle qui se cache à nous.

Ils acquièrent la connaissance du bien et du mal, ce qui est une vision de dualité donnée par la conscience individuelle.

Cet aspect est exprimé par Lao Tseu dans le Tao Te King lorsqu’il dit : "Lorsque le Tao est perdu viennent alors la justice et la charité". Non pas que "justice et charité" soient mauvaises mais elles sont des données imparfaites car elles sont issues de la conscience individuelle.

 

Par Jean-Yves - Publié dans : Conscience et anciennes traditions - Communauté : Religions en toute liberté
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Lundi 29 octobre 2007 1 29 /10 /2007 17:59

Hommage à Tierno Bokar…

Je rends hommage à Tierno Bokar, maître soufi, ayant vécu à Bandiagara en Afrique. Il mériterait sans aucun doute d’être mieux connu. Bien que d’autres connaissait le Coran aussi bien que lui, disait-on, il était pourtant différent car lorsque l’on s’opposait à lui, il répondait en vous accueillant. 

Je rends hommage à Tierno, lequel disait :

« Il y a ta vérité, ma vérité, et la Vérité, il nous faut d’abord nous tourner l’un vers l’autre pour que ta vérité et ma vérité se rejoignent, alors peut être, ensemble, se rejoindront-elles dans la Vérité. »

« Il va venir un monde dans lequel je n’aimerais pas vivre ; dans ce monde-là celui qui dira la vérité, on l’écoutera pas ! Celui qui fera du mal n’en sera pas inquiété ! Si tu nais dans un tel monde, si tu es chèvre : coupe ta corde ; si tu es vache : coupe ta corde. »

A travers la parabole « des oiseaux blancs et des oiseaux noirs » il nous montre comment une action bonne ou mauvaise revient à son auteur et comment nous pouvons nous mettre nous-même à l’abri des actes ou pensées malveillants commis à notre encontre.

Voir à ce sujet le lien suivant:

http://aipg.ifrance.com/tiernobokar/tierno.htm

Je n’en dirai pas davantage sur lui si ce n’est qu’à la fin de sa vie il fut rejeté par son peuple…

 

Par Jean-Yves - Publié dans : Conscience et anciennes traditions - Communauté : Le Monde Spirituel
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Mercredi 21 novembre 2007 3 21 /11 /2007 10:00

 

 

La Bhagavad Gita

Récit fabuleux s'il en est. Il montre comment un homme, Arjuna, décrit comme le meilleur archer de son époque, c'est a dire un homme d'action, peut se trouver diviser entre l'appel du devoir et l'amour qu'il porte à sa famille. Arjuna apparaît comme la droiture personnifiée et comme quelqu'un d'une très grande intelligence.

Pour situer un peu le contexte, disons que pour répondre à la nécessité de la justice, il devait combattre les membres de sa propre famille. IL était plein d'enthousiasme, mais la présence de Krishna (incarnation de Vishnou, le Divin) à ses cotés l'a déstabilisé. Par une seule parole : "Parha contemple les guerriers en face de toi!", il a éveillé en lui une vague d'amour pour ses ennemis et ainsi a annihilé son désir de combattre. Arjuna s'est retrouvé désemparé sur le champ de bataille (ce qui représente le champ de la vie) ne sachant que faire, il s'est tourné vers Krishna et a demandé son aide. C'est ainsi que cet enseignement sur la Vérité a pu lui être transmis.

Krishna représente ici ce qu'il y a de plus élevé chez l'homme, la réalité la plus profonde.

Et ainsi, cette réalité fondamentale, cette force de vie déstabilise Arjuna sur le champ de sa propre vie et l'incite à se tourner vers ce qu'il y a de plus essentiel au fond de lui pour trouver les réponses.

Bien sûr, on peut voir ce texte à plusieurs niveaux, mais l'un n'exclut pas l'autre.

Krishna, en appellant Arjuna "Partha" évoque au fond de lui "Fils de Pritha". En d'autres termes, il évoque la mère d'arjuna et ainsi soulève cette vague d'amour qui l'a déstabilisé.

C'est ainsi que le jeu de "l'absolu" vient nous déstabiliser pour se faire connaître. Pour créer cette ouverture en nous.

Similitude avec la Bible :

Histoire de job :

Job était un homme intègre et droit qui se défiait du mal et louait Dieu. Il était immensément riche. Progressivement il va se retrouver dépouillé de tout. Dans le fond, cet anéantissement apparaît comme le jeu de Dieu, (c'est à dire de ce qui est le plus profond en soi), et justement comme pour Arjuna, pour que la Vérité puisse se révéler à lui.

Ainsi, à la fin, Job dit à Dieu :

"Jusque-là, j'avais entendu parler de toi, mais maintenant mes yeux t'ont vu!".

C'est à dire, j'ai retrouvé le sens de mon origine, le lien avec toi (Dieu, cette réalité la plus élevée en soi).

Arjuna, à la fin du discours de Krishna dit :

"J'ai retrouvé la mémoire !"

C'est à dire, j'ai retrouvé le souvenir de cette part de moi-même dont j'étais jusque là, coupé.

Par Jean-Yves - Publié dans : Conscience et anciennes traditions - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Jeudi 29 novembre 2007 4 29 /11 /2007 00:49
Source : "Tao Te King" de Lao Tseu (Traduction de Richard WILHELM et de Etienne PERROT) aux éd. Librairie de Médicis.
 
Cette interprétation du Tao Te King ne constitue pas une version ferme et définitive de ce qu’il a voulu exprimer mais mon propre ressenti en cet instant.
 
Chapitre X
 
"Peux-tu former ton âme de façon qu’elle embrasse l’un ?
Peux-tu unifier ta force et parvenir au mol abandon du petit enfant ?"
 
Retrouver l’unité en soi, objectif de toute démarche spirituelle, rétablit une forme d’innocence, une confiance en la vie similaire à celle d’un enfant qui s’abandonne dans les bras de sa mère. On retrouve ici des propos qui rappellent un peu ceux du Christ :
« Nul n’entrera dans le royaume des cieux s’il n’a pas un cœur d’enfant »
Le royaume des cieux désignant bien sûr la réalisation spirituelle.
 
"Peux-tu purifier ta vision intime jusqu’à la rendre immaculée ?
Peux-tu aimer les hommes et gouverner l’état, tout en restant dénué de savoir ?"
 
Le savoir désignant ici une connaissance acquise et donc surimposée à la conscience profonde. Le fait d’être "dénué de savoir"signifie "être libre" de toute surimposition.
 
"Peux-tu, lorsque s’ouvrent et se ferment les portes du ciel, rester passif comme la femelle ?"
 
Les portes du ciel désignent sans doute la manifestation de l’illimité en soi. Ces expériences sont sources de très grand bonheur et peuvent ainsi susciter un attachement, un profond désir de les revivre encore et encore. Rester passif, durant ces expériences, montre une profonde stabilité intérieure.
 
"Peux-tu tout pénétrer de ta clarté et de ta pureté intérieure sans avoir besoin d’agir ?
Produire et nourrir, créer sans posséder, agir sans retenir, multiplier sans dominer : C’est la vie mystérieuse."
 
Les actions sont accomplies avec une telle spontanéité qu’elles donnent une impression de non agir. A travers l’être réalisé, c’est la vie qui s’exprime et le sujet agissant reste comme fondu dans ce flot.
Par Jean-Yves - Publié dans : Conscience et anciennes traditions - Communauté : AMIS DE CONFUCIUS ET LAO-TSEU
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Dimanche 2 décembre 2007 7 02 /12 /2007 13:45
Source : "Tao Te King" de Lao Tseu (Traduction de Richard WILHELM et de Etienne PERROT) aux éd. Librairie de Médicis.
 
Cette interprétation du Tao Te King ne constitue pas une version ferme et définitive de ce qu’il a voulu exprimer mais mon propre ressenti en cet instant.
 
 
« Quand chacun sur terre tient le beau pour beau cela implique d’emblée la laideur.
Quand chacun sur terre tient le bien pour bien, cela implique d’emblée le mal. »
 
Les notions de bien et de mal appartiennent à la dualité. Dès qu’il y a une appréciation "c’est beau ou c’est bien !" c’est forcément par rapport à quelque chose qui est moins bien ou moins beau.
Lao Tseu évoque peut-être cette tendance que nous avons à prendre parti et à scinder l’unité fondamentale à travers notre jugement.

Maître Yoka Daishi dans le chant de l’immédiat Satori nous dit : « Qu’est-ce que le bien ? Qu’est-ce que le mal ? Les hommes ne peuvent le savoir. Qu’est-ce qui va dans le bon sens ? Qu’est-ce qui va à contre courant ? Même le ciel ne peut le mesurer. »

Dès l’instant où s’établit cette scission en nous (ce jugement), il y a dualité, donc disharmonie et en conséquence "souffrance" donc "laideur et mal". Il y a une conscience individuelle (un ego) (chacun décide du beau, chacun décide du bien) qui s’impose et ainsi voile la source originelle de toute chose ; Et ainsi, du fait de cette prise de parti, un déséquilibre s’installe car il y a rupture avec cette source qui engendre l’harmonie d’une façon spontanée.
Nous enfermons notre vision du monde dans des certitudes que nous ne remettons en question que très difficilement.
 
 
 
« Car être et non être mutuellement s’engendrent. Facile et difficile l’un l’autre se parachèvent.
Long et court mutuellement se définissent. Haut et bas, l’un l’autre se touchent. Voix et son l’un l’autre s’épousent. Avant et après mutuellement se suivent. »
 
Cette souffrance n’est pas inévitable car le monde prend forme sur la base d’une harmonie. Le monde manifesté provient de "la source de perfection". Ainsi que le confirme le Bouddhisme zen, la source est claire mais les affluents sont boueux (L'interpénétration de l'Essence et des phénomènes de Ts 'an T'ong K 'i)
Au point de création, pour l’homme, sur le plan le plus fondamental de lui-même, c’est la perfection qui s’écoule.
L’évangile selon Saint Jean (voir la Bible) évoque aussi cela : 
« Au commencement était le Verbe et le Verbe était tourné vers Dieu. Et le Verbe était Dieu. Tout fut par lui…etc. » Voir le lien : ICI
La première expression est Dieu ! et en ce sens elle est parfaite car elle ne contient pas de dualité. On pourrait dire qu’il y a dualité car "expression" mais cette dualité est dissoute par les expressions : 
"le Verbe était tourné vers Dieu" en d'autre termes, cette première expression ou manifestation est entièrement vouée à Dieu (la source de toute chose) 
"Et le Verbe était Dieu !" Cette dualité naissante se reconnaît dans l’unité donc maintient sa perfection.
 
 
Par Jean-Yves - Publié dans : Conscience et anciennes traditions - Communauté : AMIS DE CONFUCIUS ET LAO-TSEU
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Mardi 8 janvier 2008 2 08 /01 /2008 17:58

Catégorie : "Conscience éveillée et ancienne tradition"

Source : "Tao Te King" de Lao Tseu (Traduction de Richard WILHELM et de Etienne PERROT) aux éd. Librairie de Médicis.
 
Cette interprétation du Tao Te King ne constitue pas une version ferme et définitive de ce qu’il a voulu exprimer mais mon propre ressenti en cet instant.
 
Tao Te King 

Chapitre XVI
 
« Crée en toi le vide, parfaitement !
Préserve ta sérénité pleinement !
Maintiens la quiétude intégralement !
Toutes les choses peuvent alors surgir à la fois. »
 
Cette première phrase "Crée en toi le vide, parfaitement ! " indique la nécessité de l’éveil intérieur ; à travers le mot "crée" c’est toute la démarche intérieure qui est évoquée.
 
La deuxième phrase "Préserve ta sérénité pleinement !" montre :

1- Que lorsque (à l’instant où) cet "esprit d’éveil" ou "conscience d’éveil" se révèle en soi, la sérénité ne va pas de soi à chaque instant de la vie et qu’il y a un "travail" intérieur à faire ensuite.

2- Le maintien de cette quiétude en soi permet que "Toutes les choses peuvent alors surgir à la fois."

En d’autres termes : Préserver cette quiétude en soi, cette paix, apparaît comme "la priorité" car c’est cet "état" qui donne la capacité de créer.
 
« Je contemple leur évolution.
Si multiples que soient les choses,
Chacune fait retour à la racine.
Revenir à la racine, cela veut dire sérénité. »
 
La première phrase "Je contemple leur évolution." évoque le "non agir". Celui-ci ne signifie pas une absence d’activités mais que celles-ci se mettent en mouvement d’une façon si spontanée que le "sage" a cette impression de "non agir". Pour lui, ce qui prime est bien sûr : "Préserve ta sérénité pleinement ! Maintiens la quiétude pleinement !"
 
Quelles que soient les pensées ou impressions qui viennent en nous, "Si multiples que soient les choses," elles se dissolvent dans la paix "Chacune fait retour à la racine."
"Revenir à la racine, cela veut dire sérénité." Ce "retour" en soi, est le retour à l’état naturel, à la paix.
 
"Sérénité veut dire retour à la destinée.
Retour à la destinée veut dire éternité.
Connaissance de l’éternité veut dire clarté."
Cette réalisation intérieure permet de réintégrer le flot de la vie et d’avoir une vision claire sur la réalité.

Ci-dessous, une corrélation avec l'enseignement de Morihei Ueshiba : fondateur de l'Aïkido (Voir lien en cliquant : ICI )

"Je ne peux pas perdre, quelle que soit la rapidité avec laquelle l'adversaire m'attaque. Ce n'est pas que mes techniques soient plus rapides que celles de l'adversaire, ce n'est pas un problème de rapidité ou de lenteur. Le résultat du combat est décidé depuis le début ; cela signifie que m'attaquer, moi qui suis l'Univers, équivaut à vouloir détruire l'harmonie de l'Univers, donc qu'à l'instant même où l'adversaire éprouve le besoin de se mesurer à moi, il a déjà perdu."

 
 
Chapitre LXX
 
« Mes paroles sont faciles à comprendre, très faciles à appliquer.
Mais nul sur terre ne peut les comprendre, nul ne peut les appliquer. »
 
 
L’expression de la vie est la simplicité elle-même mais « nul sur terre ne peut les comprendre », ce qui signifie "aucun individu". Le mot "nul" désigne une conscience individuelle, c'est-à-dire scindée (qui se croit isolée) de l’unité fondamentale. De la même façon, aucune personne ne peut mettre cet enseignement en pratique par le fait même de cette scission.
 
« Les paroles ont un Ancêtre. Les actes ont un maître. »
 
Les paroles et les actes parfaits ne peuvent provenir que de la source en soi.
 
« Parce qu’on ne les comprend pas, on ne me comprend pas. »
 
Lao Tseu est dans ce sens le reflet de ses paroles, si on ne les comprend pas, on ne le comprend pas non plus.
 
« Ce qui fait ma valeur, c’est justement d’être si rarement compris. »
 
Ce qui est rare est cher et précieux.
 
« C’est pourquoi le sage va en habits de crin, mais dans son sein, il cache un joyau. »
 
Par Jean-Yves - Publié dans : Conscience et anciennes traditions - Communauté : AMIS DE CONFUCIUS ET LAO-TSEU
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Jeudi 6 mars 2008 4 06 /03 /2008 12:21
Catégorie : "Conscience éveillée et ancienne tradition"

Bonjour,

Voici un texte de Saraha qui fut et qui est pour moi une grande source d’inspiration. Les commentaires que j’ai pu rajouter ici ou là ne se veulent pas une valeur de référence mais plutôt l’expression de mon propre ressenti que je confie dans un désir de partage.
Dans ce texte, chaque phrase apparait comme une métaphore qui permet de comprendre la suivante plus facilement...


"Je me prosterne devant le noble Manjusri,
Je me prosterne devant celui qui a conquis le fini."


Ce premier verset de Saraha apparaît comme une prosternation, une soumission à une dimension supérieure. Il pourrait très bien être opposé au dernier verset de ce chant, car celui-ci ressemble à un défi lancé aux notions d’enferment.
Je cite : « Si je suis un porc qui aspire aux jouissances du monde, vous devez me dire quelle faute altère l’esprit immaculé. Comment peux-on être enchaîné par ce qui ne nous affecte pas ? »

"Comme une eau calme fouettée par le vent qui se soulève en vagues et en lames, le roi pense de beaucoup de façon à Saraha,
Qui n’est pourtant qu’un seul homme."


Ce qu’il appelle « le roi » est certainement « l’ego » (celui qui se prend pour le roi). L’ego, l’image que l’on a soi, fluctue selon les jours et selon l’humeur, mais ce que nous sommes fondamentalement (notre véritable identité) ne varie pas.

« Comme une eau calme fouettée par le vent ». C’est-à-dire que l’ego est de même nature que le Soi (la conscience fondamentale) et que c’est celle-ci, en s’agitant et en s’identifiant aux formes du monde, qui se manifeste en tant qu’ego. Ce « niveau » profond de soi est calme et apaisé par nature.

Au sot qui louche, une lampe semble être deux,
Lorsque celui qui regarde et la chose regardée ne sont pas deux,
Ah, l’esprit travaille sur l’essence des deux."

Lorsque l’on connaît une forme de bonheur, on l’oppose à l’idée de la souffrance ; ce qui laisse croire que la lumière serait d’un coté et l’obscurité de l’autre, c’est un certain niveau de perception en soi.
Mais ce que nous sommes réellement (qu'il appelle "l'esprit") se manifeste à la fois en tant qu’ombre et lumière. On pourrait croire que ce qui est obscurité en soi va se dissoudre dans la lumière mais il arrive un moment où cette "conscience d'éveil" montre que ces parts d’ombre ne sont que sa propre manifestation. C'est-à-dire dire qu'elle est à la fois l'ombre et la lumière. On pourrait dire qu'elle est "la lumière" qui s'exprime en tant qu'ombre et lumière ; sans doute ce que dans le Christianisme on appelle : "La lumière éternelle"


"Bien que les lampes soient allumées dans la maison,
L’aveugle reste plongé dans l’obscurité.
Bien que la spontanéité embrasse tout et soit proche,
Pour l’égaré elle reste toujours lointaine."


Une similitude ici :
« Un poisson dans l’eau qui cherche de l’eau » Cet exemple est cité par un maître taoïste (je ne sais plus lequel) pour décrire le disciple qui cherche le Tao.

"Les rivières, bien que nombreuses, sont une dans la mer,
Les mensonges, bien que nombreux, seront tous conquis par une vérité,
Lorsqu’un seul soleil apparaît, l’obscurité,
Quelque soit sa profondeur s’évanouit."

"Le nuage monte de la mer,
La terre boit et absorbe la pluie.
Le ciel et la mer n’augmentent ni ne diminuent."


Ce dernier verset est une probable métaphore qui décrit le processus de création du monde. A partir de cette essence qui constitue l’univers, celui-ci prend forme. Mais cette « essence » elle, n’augmente pas et ne diminue pas ; de même pour le monde manifesté… qui apparaît à travers la phrase « La terre boit et absorbe la pluie » imprégné de cette essence.

Amitié à tous, merci de me faire savoir si pour vous cet écrit est source d'inspiration..

Par Jean-Yves - Publié dans : Conscience et anciennes traditions - Communauté : Esotérisme et Spiritualité
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Mardi 22 avril 2008 2 22 /04 /2008 23:14
Catégorie : conscience et ancienne tradition

Je crois qu'il s'agit ici du tout premier "commandement" (Christianisme)
Tu aimeras l'Eternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de tous tes moyens"
Le second "commandement" étant :
"Tu aimeras ton prochain comme toi-même !"

Bien entendu je ne crois pas que l'on puisse aimer sur commande ; je pense plutôt qu'il s'agit d'une "dérive" dans la traduction ou dans la transmission de l'enseignement originel.
A mon avis le sens le plus probable à accorder à cet écrit serait plutôt :
"Tu orienteras ta vie vers la réalisation de Dieu ou vers l'union à Dieu ; ce qui, en d'autres termes, signifierait : tu iras vers l'ouverture du potientiel total de ton humanité, tu ne te restreindras pas dans la part superficielle de ton humanité; tu feras en sorte d'intégrer à ta vie sa dimension la plus profonde, la plus élevée... (suivre la voie spirituelle en fait)
On retrouvre cette idée dans d'autres enseignements où il est dit que la voie spirituelle, la voie de réalisation de soi doit aller à la première place dans les priorités que nous donnons dans notre vie.

Par Jean-Yves - Publié dans : Conscience et anciennes traditions - Communauté : Franc-Maçonnerie&Spiritualité
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