Sous nos pieds… la voie…
« Un archer sait que c’est en fonction de son habilité à viser qu’il atteindra ou non la cible… De la même façon, notre réussite et bonheur dans le monde dépendent de notre
orientation ou état intérieur… »
« Suivre la voie vers l’ouverture est la norme, de même que grandir pour un enfant…
Grandir en soi en conscience, bonheur et réussite est la norme… »
Lorsque nous observons les lois de la nature, les lois de l’univers, nous voyons que les choses suivent un ordre bien précis. Que nous portions notre attention sur la croissance du
fœtus dans le ventre d’une mère, le cycle des saisons ou même la manière dont notre œil s’habitue à la lumière ou à l’obscurité, nous ne pouvons qu’être émerveillé devant la perfection avec
laquelle tout cela s’organise. De toute évidence ces mécanismes naturels concernent aussi bien notre physiologie que toutes les lois de la nature.
Pourtant, nous considérons souvent qu’ils n’ont sûrement aucun lien avec notre vie quotidienne, car nous nous ressentons comme séparés du monde. Cette considération, qui n’est
basée que sur l’appréciation de la réalité par nos propres sens, consolide l’idée de la séparation et de cette façon la rend bien réelle dans notre vision.
Dans un autre paragraphe, j’ai parlé de la voie intellectuelle qui fait appel à l’honnêteté envers soi-même. Elle fait évidement partie des différentes approches pour l’ouverture
et l’expansion et n’est pas, en ce sens, une voie à choisir parmi d’autres. En conclusion, je disais que finalement, avec le seul intellect, on ne peut pas savoir avec une certitude absolue ce
qui est bon ou mauvais pour nous. Sur la base de cette logique, il se pose maintenant la question de savoir comment, pour chacun d’entre nous, nous pouvons déterminer où se trouve ce chemin qui
nous amènera vers davantage de bonheur et de réussite dans la vie.
Et c’est peut-être cela le plus important :
Tous les hommes aspirent au bonheur, d’une façon ou d’une autre… même les petites satisfactions individuelles en sont une forme.
Lorsque la souffrance augmente dans nos vies c’est parfois que nous sommes sortis de notre "chemin de vie" ; un peu comme si, inconsidérément, nous mettions la main dans le
feu et que la vie à travers la souffrance occasionnée par la brûlure nous disait :
« Tu es sorti de ton chemin ! »
Alors nous retirons la main pour échapper à cette douleur dont l’intensité diminue aussitôt après… Mais la main reste brûlée et un certain temps sera nécessaire pour qu’elle
guérisse…
Où se situe ce chemin de vie ???
Dans la voie qui nous rend heureux, dans l’action qui nous est naturelle et spontanée…
Mais la réalité nous montre plusieurs êtres, plusieurs choses différentes et parfois en suivant ce chemin qui nous apporte du bonheur, nous occasionnons une souffrance autour de
nous…
Assurément, du fait de l’unité fondamentale de toute chose, si nous blessons quelqu’un c’est nous-même que nous blessons sans nous en rendre compte…
En réaction à cette blessure que nous croyons avoir reçu "d’un autre", nous pouvons vouloir nous venger et ainsi rentrer dans un processus qui entraîne des réactions en chaîne.
Chacune de ces réactions voilent un peu plus notre esprit et le degré de clarté de notre conscience diminuant nous incite à accomplir des actions toujours plus perturbées…et celles-ci diminuent
en conséquence notre lucidité…
La souffrance arrive alors à son paroxysme…
Le chemin de vie est celui qui amène le retour à soi, comme le moment où l’on retire la main du feu…, et l’on ressent en conséquence une diminution de la souffrance à ce moment
là… Il dénoue progressivement ce qui est faux en nous.
Il demande une intention sincère et une ouverture à des façons toujours nouvelles d’aborder la vie… Il est accessible à tous et ne requiert pas de capacités
particulières.
Il ressemble à l’attitude d’un enfant qui s’ouvre à la vie et non pas à des positionnements compliqués…
Tout au long de ce chemin-là, vers l’éveil (vers la réalisation de soi) la souffrance diminue (ou le bonheur augmente, ce qui revient au même) c’est
un indicateur…
De la même manière que si nous mettons la main dans le feu nous nous brûlons (souffrance) et nous nous détruisons (blessure) ; ce qui évidemment montre que ce n’est pas une
chose à faire (ce n’est donc pas sur la voie.)
En ce sens, la souffrance est la conséquence de notre sortie de la voie…
Toute souffrance devrait nous interpeller et nous permettre de nous « repositionner » dans notre vie.
Comment, à partir de la vie qui est la notre aujourd’hui, faire en sorte d’aller toujours mieux au fil du temps qui passe ?
Car, ce mouvement ascendant vers un bonheur toujours plus grand peut-il nous mener à autre chose qu’à l’éveil, à l’ouverture à notre nature la plus profonde ?
Et même s’il ne nous mène pas là où nous pensions aller, que nous importe si nous sommes heureux !
« Quelle orientation donnons-nous à notre vie ? Que voulons-nous réellement ? »
Il y a en premier lieu ce que nous impose la nécessité de l’instant, en d’autres termes si nous devons travailler pour assurer notre subsistance, il nous faut répondre à cette
exigence… Mais il est toujours possible, quels que soient les impératifs de notre vie, de trouver la faille, la possibilité d’amener une expansion. Et même si ces modifications extérieures
semblent minimes, elles traduisent au fond de nous un changement d’optique dans notre approche de vie. Et là, inévitablement, un mieux-vivre s’ensuivra car c’est en fonction de notre “état”
intérieur que le monde extérieur réagit.
Sans aucun doute, suivre ce chemin-là demande une profonde détermination et celle-ci peut s’acquérir si l’on comprend réellement en notre for intérieur les bénéfices que l’on peut
tirer d’une telle démarche.
Imaginons que nous sommes dans une forêt sur le flanc d’une montagne. En regardant vers le sommet, nous percevons la lumière qui filtre à travers les branches des arbres. Si notre
regard se tourne vers le bas, toute chose nous apparaît plus sombre. Si nous souhaitons aller vers le haut, il suffit d’aller vers la lumière, vers le bonheur…
C’est une image…
Maintenant peut-on imaginer que nous soyons dans une forêt si profonde qu’aucune clarté ne serait perceptible ? En d’autres termes, que nous soyons perturbé à un tel point que
même les impulsions de notre propre cœur ne seraient plus perceptibles.
À ce moment-là, il nous faudrait en premier lieu reconnaître cet état de chose, comprendre que nous allons mal ; mais aussi comprendre (réellement) que cette possibilité de
libération (de remonter vers la lumière, vers le sommet) existe bel et bien. D’où la nécessité d’être honnête avec nous-même dans notre analyse. Pour que cette compréhension soit suffisamment
intense pour engendrer une très forte aspiration à la l’éveil.
Ce désir de libération permet de passer outre des impératifs de l’ego (refus de reconnaître que l’on ne sait pas, refus d’écouter d’autres enseignements…) mais aussi amène la force
de vie à nous répondre. Car cette forte aspiration à l’éveil est comme une prière dans notre cœur (même pour ceux qui sont athées, car à ce niveau, ce que l’on croie ou ne croie pas est sans
importance, les croyances ne concernent que la partie superficielle de notre conscience.)
La réponse que nous donnera la vie à travers un enseignement ou un autre (celui qui résonnera en nous) est la porte de sortie qui va nous amener à nous élever suffisamment (haut
sur la montagne) pour percevoir la lumière et ainsi nous passer de guidance extérieure.